BAISE TON PROCHAIN - Dany-Robert Dufour

Dans Baise ton prochain. Une histoire souterraine du capitalisme (2019), Dany-Robert Dufour dresse une généalogie du capitalisme, qui, selon lui, trouve sa source dans le célèbre essai de Bernard de Mandeville : Recherches sur l’origine de la vertu morale (1714).

Podcast

Réservé aux abonnés

Selon l'auteur, la pensée de Mandeville, en consacrant pour la première fois l’égoïsme comme vertu, a influencé l’ensemble des écrits des théoriciens libéraux et néolibéraux. Mandeville a ainsi posé les bases d’un monde capitaliste promettant la richesse à tous. Si cette promesse a été réalisée, elle a eu un prix : la destruction du monde.

Ce qu’il faut retenir :

La pensée de Mandeville, à la fois inquiétante et perspicace, fascine Dufour. Mandeville constate que la société est divisée en trois classes sociales : une première constituée d’individus marginaux exclusivement motivés par leur propre intérêt ; une seconde, considérée comme la classe haute, dont les membres comptent sur l’échec des premiers pour s’élever eux-mêmes ; une troisième, composée de la pire espèce d’hommes que Mandeville appelle les « pervers ». Cette dernière prétend obéir aux lois afin de bénéficier du prestige accordé aux vertueux.

Si Mandeville considère que cette classe, en poursuivant son intérêt personnel, participe au bien commun, Dufour, au contraire, estime que ces pervers, représentants du capitalisme moderne, cherchent à créer une société de l’abondance, cela en sacrifiant une partie de la population et en épuisant les ressources naturelles.

La monnaie, complètement dématérialisée, a pris une importance excessive. Avec la disparition croissante de l’argent en espèce et les paiements sans contact, l’argent n’a pas disparu, mais s’est insinué dans toutes les dimensions de la société.

Lisez la suite et soutenez un média indépendant et sans publicité

Je m’abonne

Accès illimité au site à partir de 1€

Des analyses graphiques pour prendre du recul sur les grands sujets de l’actualité

Des chroniques et des interviews de personnalités publiques trop peu entendues

Des synthèses d’ouvrages dans notre bibliothèque d’autodéfense intellectuelle

Et bien plus encore…