Les crises économiques ne surgissent pas toujours brutalement. Avant que les chiffres du chômage, des salaires ou de la croissance ne se retournent, plusieurs signaux faibles apparaissent dans les enquêtes de confiance. Moral des ménages, climat des affaires, intentions d’embauche, PMI : ces indicateurs avancés dessinent cet automne un paysage très contrasté. En France, les ménages restent englués dans un profond pessimisme, pendant que les enquêtes d’activité frémissent et que l’industrie relève la tête. Même paradoxe aux États-Unis, où l’activité accélère alors que le moral des consommateurs est au plus bas depuis plus de dix ans. Un tel écart ne dure jamais bien longtemps, et l’histoire tranche rarement en faveur de l’optimisme des entreprises.
1- La confiance des consommateurs reste morose
2- La confiance des entreprises envoie des signaux contradictoires
3- L'indice d'activité PMI repasse en zone de croissance
Ce qu'il faut retenir
Cette analyse graphique originale d'Olivier Berruyer pour Élucid est une mise à jour de notre suivi régulier et actualisé des grands indicateurs économiques.
Malgré tous ses défauts, le Produit Intérieur Brut (PIB) demeure l'indicateur majeur de l'activité économique. Il mesure la valeur de la production d'un pays, et, en miroir, celle des revenus qui en découlent, à commencer par les salaires. De ces grandeurs dépendent logiquement le chômage, le pouvoir d'achat, la pauvreté, et bien d'autres choses qui touchent au quotidien de chacun. Anticiper l'évolution de l'activité économique n'est donc pas un exercice abstrait, c'est un enjeu concret pour tous. Pour cela, on dispose d'une batterie d'indicateurs dits « avancés », que nous allons passer en revue dans cet article.
L’indice de confiance du consommateur reste morose
L’indice de confiance du consommateur permet de prendre le pouls du « moral des ménages » à partir de sondages d'opinion. Un indicateur supérieur à 100 signale un « optimisme » des consommateurs quant à la conjoncture à venir, ce qui se traduit en général par une baisse de l'épargne et une propension à engager des dépenses importantes dans les douze mois suivants. C'est souvent le signe d'un climat économique qui s'améliore. À l'inverse, une valeur inférieure à 100 traduit un pessimisme sur l'avenir, qui pousse à épargner davantage et à dépenser moins, au détriment de l'emploi et des salaires.
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