Surveillance numérique : du pistage commercial à la technopolice d'État

Les outils numériques déployés pour faciliter et automatiser la surveillance sont légion. Dans un article précédent, nous rappelions que le secteur du numérique est né aux États-Unis dans les années 1950, associé dès le début aux agences de surveillance et au secteur militaire.

publié le 12/06/2023 Par Thomas Le Bonniec

Rien de surprenant alors dans le fait que les outils de surveillance numérique constituent désormais un marché florissant en Europe. Mais son développement est entravé légalement. Un effort concerté porte désormais sur la législation française et européenne, qui associe acteurs privés, responsables politiques, et agences publiques pour (dé)réguler le marché de la surveillance numérique.

Vidéosurveillance algorithmique, libéralisation du fichage, traitement automatisé de grandes bases de données de citoyens, drones, expérimentations sur la reconnaissance faciale, logiciels espions, etc. La France et l’Union Européenne imitent les États-Unis et se cherchent leurs champions régionaux.

Les Cassandre et le Cheval de Troie

« Quand on dit surveillance, ça englobe beaucoup de choses. On a un imaginaire collectif qui pense tout de suite à la surveillance de masse, globale, l’écoute de tous à n’importe quel moment, avec de grands programmes clandestins des gouvernements. Mais on voit depuis quelques années maintenant qu’il y a aussi une surveillance beaucoup plus routinière, avec ce qu’on fait sur nos téléphones, les endroits où on se rend… Toutes les interactions qu’on a dans le monde réel qui sont ensuite retranscrites dans un signal informatique qui ensuite est exploitable. Et on a une industrie de la surveillance qui fait se rejoindre les deux extrémités du spectre. » ( 1 )

L’affaire Pegasus dévoilée en juillet 2021 connaît des répercussions que l’on pourrait qualifier de décevantes. L’enquête menée par un consortium d’associations et de médias, menée par Amnesty International, Forbidden Stories et The Citizen Lab dévoilait comment plusieurs milliers de journalistes, d’activistes et de responsables politiques du monde entier avaient vu leurs téléphones espionnés par le moyen de ce logiciel développé par la société israélienne NSO.

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