Fin 2014, Alstom plaide coupable aux États-Unis pour un vaste système de corruption internationale, acceptant de payer 772 millions de dollars d’amende. Dans le même temps, sa branche Énergie – 70 % du chiffre d’affaires et près de 65 000 emplois, dont 9 000 en France – est cédée à l’américain General Electric, symbole d’un pillage industriel sans précédent. Depuis, enquêtes, commissions, plaintes d’ONG et saisines du Parquet national financier tissent un dossier où se mêlent intérêts privés, pressions étrangères, primes scandaleuses et zones d’ombre au cœur même de l’État. Au centre de cette tempête : Emmanuel Macron. Alors secrétaire général adjoint à l’Élysée, puis ministre de l’Économie, il apparaît comme l’acteur clé de cette cession. Une information judiciaire est ouverte depuis fin 2022 sur un autre pan de l’affaire en lien avec le rôle tenu par le chef de l’État.
Il est des affaires d’État dont on ne parlera jamais trop. C’est le cas du scandale Alstom qui, plus de dix ans après la vente de sa division Énergie à l’américain General Electric (GE), continue d’apporter son lot de révélations et de hanter la République. L’affaire Alstom n’est pas seulement une affaire de pots-de-vin. C’est la combinaison toxique d’un système de corruption international, d’une pression judiciaire étrangère extrêmement puissante – notamment américaine – et d’intérêts privés qui empochent pendant que l’État autorise la vente d’un actif hautement stratégique, et affaiblit la souveraineté de la France de manière irréversible.
Le pôle Énergie d’Alstom, qui représentait 70 % du chiffre d’affaires et près de 65 000 emplois, dont 9 000 en France, fournissait des composants essentiels pour la production électrique mondiale, des turbines nucléaires aux réseaux haute tension. Les circonstances de cette cession à GE – orchestrée alors que la société venait à peine de plaider coupable devant la justice américaine pour un vaste système de corruption internationale – ont surpris au point de déclencher des enquêtes multiples. Parmi celles-ci, on peut citer l’enquête parlementaire emmenée par le député Olivier Marleix (LR) – retrouvé mort en juillet dernier à son domicile –, et dont les résultats, parus en 2018, sont absolument accablants et restent une référence dans la recherche de la vérité.
Le Parquet national financier s’est même saisi de l’affaire, pointant des indices de corruption, de trafic d’influence, de prise illégale d’intérêts, de pantouflage et d’abus de pouvoir. Plus le temps avance, plus le sujet se recentre sur Emmanuel Macron, en tant que véritable chef d’orchestre dans la validation et la facilitation de cette transaction.
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