Pour l'ancien président de Transparency International France, le monde de la finance est confronté à une crise de l'éthique. Shadow banking, prises de risque insensées, paradis fiscaux décomplexés, rémunération extravagante des dirigeants : notre système souffre de graves défaillances qui entravent la transparence, l'intégrité et la primauté de l'intérêt social collectif sur l'intérêt individuel. Dans cet entretien exclusif réalisé par Olivier Berruyer en 2013, Daniel Lebègue analyse la perversité de l'univers de la finance qui, selon lui, ne pourra pas vivre durablement dans un état de défiance et de suspicion de la société.

publié le 31/07/2022 Par Olivier Berruyer
« La finance a abandonné toute éthique professionnelle » - Daniel Lebègue

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Daniel Lebègue, né en 1943, est un ancien élève de Sciences Po et de l’ENA. Il occupe divers postes dans la haute administration française, parmi lesquels : Directeur du Trésor (1984-1987) et Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (1998-2002). Il occupe également les fonctions d’Administrateur, Directeur général puis Vice-Président de la BNP (1987-1998). Il est surtout connu pour avoir présidé la branche française de l’ONG Transparency International entre 2003 et 2017.

Olivier Berruyer : Précédemment, vous avez identifié trois éléments explicatifs de la crise : un problème de gouvernance, une crise du modèle économique des banques et les effets de la dérégulation. Dans cette perspective, que pensez-vous de l’idée de retour à la séparation des activités bancaires ?

Daniel Lebègue : À mon sens, la France n’a pas mené une réflexion suffisante ni les études d’impact nécessaires pour trancher cette question. Faut-il séparer ? Que faut-il séparer ? Les activités en question sont-elles des activités toxiques, inutiles ou simplement à haut risque ? Aucun débat n’émerge en France pour répondre à ces questions.

Je n’ai pas de réponse tranchée. Il y a de solides arguments en faveur du modèle continental des banques universelles ou multiactivités qui s’est révélé plus solide, face à la crise, que le modèle anglo-saxon. Avec les banques canadiennes et australiennes, les banques françaises sont celles qui ont le moins souffert de la crise. Pourquoi dès lors, doit-on reconstruire notre système ?

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