Contestée de toutes parts, la démocratie apparaît aujourd’hui de plus en plus fragile. Il y a vingt ans, pourtant, les failles étaient déjà bien présentes, mais la possibilité d’une débâcle semblait inenvisageable.

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Dans une série d’articles publiés entre 1980 et 2000 pour la revue Le Débat, et réunis au sein d’un même ouvrage, La démocratie contre elle-même (2002), Marcel Gauchet montre comment la démocratie « sape souterrainement ses propres bases », à une période où elle semblait n’avoir jamais été aussi prospère.

Ce qu’il faut retenir :

Le malaise démocratique est consubstantiel à l’une des principales évolutions de la modernité : la sortie définitive du religieux entendu comme élément structurant de l’être-ensemble. Dans les sociétés religieuses, les liens sociaux étaient pris en charge par un système de croyance commune. La disparition progressive de la religion et la captation du lien social par l’État marquent ainsi l’avènement d’une contradiction irréconciliable, celle d’une société d’individus.

Nos démocraties contemporaines, héritières de cette transformation anthropologique, se doivent donc de garantir l’être-ensemble d’individus libres et autonomes. La compatibilité des deux — société et individu — paraît comme inconcevable… Le paradoxe atteint son paroxysme dans l’idéologie des droits de l’homme dont le but est d’amener les individus à se libérer des contraintes extérieures de la société pour leur garantir la liberté la plus totale. La démocratie est donc menacée par son ennemi le plus féroce : elle-même.

Biographie de l’auteur

Marcel Gauchet (1946-) pourrait tout à la fois être qualifié de philosophe politique, d’historien et d’anthropologue. D’abord destiné à une carrière de professeur des collèges, il entame en 1966 une formation de philosophie, d’histoire et de sociologie à l’université de Caen, où il rencontre Claude Lefort, spécialiste de la démocratie et des totalitarismes. Dans les années 1970, il participe au lancement de deux revues de philosophie politique, Texture et Libre, au sein desquelles il collabore avec Claude Lefort, Cornelius Castoriadis et Pierre Clastres. En 1980, il devient directeur d’études à l’EHESS, puis rédacteur en chef de la revue Le Débat, fondée par l’historien Pierre Nora.

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