La corruption augmente régulièrement en France. Le nombre total d’atteintes à la probité enregistrées sur la dernière décennie a augmenté de 50 %, privant la collectivité d'environ 200 milliards d'euros par an. Cette réalité nourrit une défiance citoyenne croissante. Une majorité écrasante de Français juge le personnel politique corrompu, tandis que la France a chuté à la 26e position mondiale dans l’indice de perception de la corruption en 2024.
La corruption est un abus de pouvoir à des fins personnelles qui se manifeste à la croisée du pouvoir et de l’argent. Elle concerne donc, par définition, les personnes qui ont du pouvoir, comme notamment le personnel politique. Elle peut prendre de nombreuses formes, comme le versement de pots-de-vin pour obtenir un accès privilégié à des contrats publics. Ces pratiques causent des détournements de fonds publics et contribuent à une érosion de la démocratie et de l’État de droit.
« La corruption est une menace mondiale en constante évolution qui ne se limite pas à saper le développement – elle est une cause majeure du déclin de la démocratie, de l’instabilité et des violations des droits humains », précise François Valérian, Président de Transparency International. Son caractère occulte la rend difficile à estimer. Toutefois, les chiffres du ministère de l’Intérieur sont formels : elle augmente régulièrement en France depuis 10 ans.
Les affaires concernant des responsables politiques, qui défraient la chronique, comme celle de l’ex-président Sarkozy, viennent renforcer l’opinion négative des Français sur l’état de la corruption dans l’Hexagone. Et le dernier plan national pluriannuel de lutte contre la corruption du n-ième gouvernement d’Emmanuel Macron semble bien timide face à un phénomène qui ampute la richesse nationale de près de 200 milliards d’euros par an.
On se rappellera opportunément la profession de foi du candidat Macron pendant la campagne présidentielle de 2017 : « La moralisation de notre vie publique […] sera, dès le premier jour, le socle de mon action ». Une moralisation qui allait de pair avec des « exigences éthiques » et une « exemplarité » du personnel politique. D’ailleurs, la nomination de son premier gouvernement avait été retardée d’un jour « pour cause de “vérification” des situations fiscales et d'éventuels conflits d'intérêts des futurs ministres ». Patatras, quelques semaines plus tard, Richard Ferrand, « marcheur » de la première heure, était « exfiltré » du gouvernement. Comme l'écrivaient alors pudiquement les médias, il aurait été « déstabilisé par une enquête préliminaire sur ses anciennes activités en tant que patron des Mutuelles de Bretagne. Le Canard enchaîné, notamment, avait évoqué un mélange des genres, affaires publiques, intérêts privés ». Le début d’une longue litanie d’ affaires pour la macronie...
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
2 commentaires
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner