C’est un réveil difficile pour les Français. Tandis que certains pseudo-experts comme Alain Minc et d'autres leur avaient vendu la «mondialisation heureuse » et la « destruction créatrice », ce sont plutôt les délocalisations et la désindustrialisation qu’ils ont dû encaisser. Deux millions de travailleurs français sont pauvres et les autres ont perdu presque 10 % de pouvoir d’achat à qualification constante depuis les années 1990. Un million de postes de production ont été détruits dans l'hexagone avec l'essor des importations de produits issus de pays à bas coûts. Analyse d'un naufrage économique et social.

publié le 25/02/2025 Par Alexandra Buste, Xavier Lalbin

Les conséquences délétères de la « mondialisation heureuse » ont de quoi donner la gueule de bois. C’est d'ailleurs ce qu’expriment nos compatriotes dans la grande enquête « Fractures françaises » IPSOS de 2024. Plus de la moitié d’entre eux déclarent avoir des difficultés à subvenir aux dépenses courantes de leur foyer. Et les deux tiers d’entre eux estiment que la mondialisation est une menace pour la France. Chat échaudé craint l’eau froide… Et la situation ne semble pas en voie d’amélioration.

Mécontentement, défiance et sentiment de déclin : le malaise français

Les Français devaient être les « bénéficiaires inconscients de la mondialisation ». Ces propos ont été tenus par Alain Minc, l'éternel conseiller des présidents, dans un entretien à Challenges en 2012. Derrière cette assertion, on trouvait l’idée selon laquelle la baisse des prix – résultant de l’importation de produits étrangers – ne pouvait faire qu'augmenter le pouvoir d’achat de nos compatriotes.

Mais le VRP de la mondialisation oubliait opportunément d'ajouter que la mise en compétition de l'hexagone avec des pays à bas coût avait tué et devait tuer encore des filières entières. Car pour conserver ou récupérer de la compétitivité, nos entreprises n’hésitent pas à délocaliser vers les pays à bas coûts – des délocalisations facilitées par les mouvements de capitaux, eux-mêmes permis par la fameuse mondialisation. Alain Minc ne le niait pas : « la mondialisation ne se résume pas seulement à des échanges de biens et de services, mais surtout à des mouvements de capitaux importants ».

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