Dans la bande de Gaza, les corps de milliers de victimes des bombardements israéliens demeurent enfouis sous les décombres. Alors que les Palestiniens déblaient les ruines avec des moyens de fortune, Israël évacue à l’abri des regards des tonnes de gravats, susceptibles de contenir des restes humains, collectés dans la zone que son armée occupe. Des ONG, des spécialistes, mais aussi la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, accusent Tel-Aviv de détruire les preuves du génocide commis dans l’enclave côtière et dénoncent la complicité du « Conseil de la paix » créé par Donald Trump.
Selon l’ONU, les cadavres d’environ 8 000 personnes gisent sous les décombres qui jonchent la bande de Gaza, ravagée par la guerre génocidaire menée par Israël après les attaques palestiniennes du 7 octobre 2023. Ces morts s’ajoutent aux près de 75 000 Gazaouis tués en trois ans par l’armée israélienne (dont plus de 1 500 depuis le « cessez-le-feu » conclu en octobre 2025 entre le Hamas et Tel-Aviv) : une enquête publiée en août 2025 estimait à 83 % la proportion de civils parmi les morts recensés jusqu’en mai 2025. Une étude distincte estime que les femmes, les enfants et les personnes âgées représentaient 56 % des morts violentes entre octobre 2023 et janvier 2025.
Outre l’hécatombe humaine, les bombardements israéliens ont provoqué des dégâts matériels colossaux : plus de 80 % du bâti (logements, écoles, hôpitaux, etc.) de la petite bande côtière de 365 kilomètres carrés a été entièrement rasé (67 % des structures) ou gravement endommagé.
D’après une étude conjointe (avril 2026) réalisée par l’ONU, la Banque mondiale et l’Union européenne, les destructions ont engendré 68 millions de tonnes de gravats, dont le déblaiement complet, selon le PNUD, coûterait 1,7 milliard de dollars et exigerait au moins 7 ans de travaux – une précédente étude des Nations unies (septembre 2025) établissait, elle, à 61 millions de tonnes le volume des décombres, soit l’équivalent « d’environ vingt fois la quantité de gravats générés par toutes les guerres qui ont eu lieu dans le monde au cours des dix-huit dernières années », expliquait alors au Guardian Jaco Cilliers, le représentant spécial du PNUD en Palestine (1). Ces monticules de débris contiennent également des munitions non explosées (entre 5 et 10 % des bombes tirées sur Gaza) et près de 5 millions de tonnes de matériaux potentiellement contaminés à l’amiante.
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