La haine de la Démocratie - Jacques Rancière

Depuis longtemps, la démocratie est accusée d’être « porteuse de désordre » et d’encourager les « désirs égoïstes des individus ». Aujourd’hui, on nous répète que l’égalitarisme démesuré et l’individualisme exacerbé caractéristiques de la démocratie l’ont fait entrer en crise. Si la démocratie était perçue comme une délivrance face aux totalitarismes, elle est aujourd’hui source d’une haine nouvelle.

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Dans La haine de la démocratie (2005), Jacques Rancière s’efforce d’analyser ces critiques en remettant en question le véritable sens de la « démocratie » et les liens complexes que la notion entretient avec le politique.

Ce qu’il faut retenir :

Aujourd’hui se déploie une pensée qui fait de la démocratie un mal créateur de désordre en raison de la liberté qu’il laisse aux désirs individuels. Mais, la démocratie n’est pas une société ou un gouvernement : elle est le titre à gouverner de ceux qui n’ont aucune légitimité de nature à gouverner. Elle est le titre de l’absolue égalité qui sous-tend toute société inégalitaire. Le sens véritable de la démocratie tient dans le pouvoir de n’importe qui, la compétence des incompétents.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas « en démocratie », mais dans des États de droit oligarchiques. Au travers des remaniements qu’ils exécutent entre public et privé, ils tendent à imposer la domination de la richesse et de la nature. Le mouvement démocratique, remettant en cause ces délimitations entre public et privé, combat l’oubli du politique en affirmant l’égalité des hommes.

Biographie de l’auteur

Jacques Rancière, né en 1940 à Alger, est un philosophe français professeur à l’université Paris VIII. Influencé par le mouvement de Mai 68, l’ancien étudiant de l’ENS milite au sein de la gauche prolétarienne, avant de se consacrer pleinement à la recherche.

Ses travaux portent principalement sur la politique et l’esthétique. Dans les années 1980, il se penche sur la question de l’égalité intellectuelle, qu’il présente comme le point de départ de l’humanité. Ces recherches le conduisent à s’intéresser plus particulièrement aux questions de philosophies politiques, notamment celles touchant à la démocratie.

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