Des plantes pour détoxifier l’eau ou les sols pollués ? Cela peut paraître surprenant, mais c’est une réalité. Certaines espèces végétales sont qualifiées d’hyperaccumulatrices et peuvent non seulement survivre dans les milieux contaminés, mais absorber les métaux lourds qui s’y trouvent.

publié le 09/12/2021 Par Roxane Curtet
Connaissez-vous les plantes « mangeuses » de métaux lourds ?

Mieux encore, ces végétaux riches des éléments métalliques qu’ils ont emmagasinés dans leurs feuilles ou leurs racines peuvent être réutilisés par la suite pour produire différentes molécules nécessaires à l’industrie chimique dont notamment la production de médicaments.

C’est ce que révèlent les recherches menées au sein du CNRS par le Pr Claude Grison. Recherches prometteuses au point qu’elle a cofondé sa propre entreprise pour valoriser ses travaux et ainsi promouvoir une chimie respectueuse de l’environnement.

Quand l’idée de marier écologie et chimie commence à germer

Tout cela a commencé par une question : « Peut-on utiliser des plantes pour dépolluer les sols contaminés aux métaux lourds ? ». Cette question provenait d’étudiantes de l’université de Montpellier où enseignait Claude Grison. « Je n’exerçais pas du tout dans ce domaine, mais leurs interrogations m’ont interpellée », raconte la chimiste.

C’est lors d’une conversation avec un collègue botaniste écologue que le déclic est venu. « On parlait d’une plante capable non seulement de pousser, mais d’extraire les métaux présents dans le sol. Ce qui était étrange c’est qu’on ne portait pas le même regard sur elle. Pour lui, c’était un organisme contaminé et indésirable. Pour moi, elle représentait une formidable opportunité de réhabiliter des sites miniers ».

Travaux de réhabilitation d'un site minier de Nouvelle-Calédonie - @ClaudeGrison

Le problème était simple : une fois les métaux absorbés, la plante devient un déchet toxique. Le vrai défi débutait pour Claude Grison qui voulait « donner une seconde vie à ces végétaux ». Pour cela, il fallait trouver un moyen de recycler la plante avec les métaux « coincés » à l’intérieur. Ce qui est loin d’être anodin, surtout sachant que les réserves en métaux s’épuisent au niveau mondial.

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