Bien moins connu ou médiatisé que les trafics de stupéfiants ou d'armes, le trafic de déchets est un crime environnemental mondial très bien organisé et difficile à détecter. Ce marché clandestin peu risqué pour les criminels – aux conséquences sanitaires et environnementales considérables – renforce encore un peu plus les inégalités existantes entre le Nord et le Sud global.
Évaluée à 1 200 milliards de dollars en 2024 – contre 410 milliards de dollars en 2011 – l’économie mondiale des déchets a de quoi attiser les convoitises des organisations criminelles. Plus les règles se durcissent et les coûts s’élèvent, plus la tentation de se débarrasser des déchets illégalement augmente et c’est là que les malfaiteurs entrent en jeu.
Il existe pourtant un outil mondial permettant de contrôler et réglementer les mouvements transfrontaliers des déchets et leur élimination : la Convention de Bâle. Au total, ce sont 191 pays qui en font partie et qui ont l'obligation de considérer « le trafic illicite de déchets dangereux ou d’autres déchets comme un acte criminel. »
D’après les trois principaux ensembles de données analysés dans un rapport inédit publié par l’ONUDC (en se basant sur les rapports d'INTERPOL, de l'Organisation mondiale des douanes, et les rapports des États parties à la Convention de Bâle) : « Toutes les régions du monde ont été identifiées comme étant impliquées dans l’exportation, l’importation ou le transit illégal de déchets, et/ou une combinaison de ces activités. »
L’étude prend en compte les cinq catégories de déchets suivantes : les déchets électriques et électroniques (DEEE), les mélanges de déchets, les véhicules et moteurs hors d’usage, les plastiques, et les métaux et déchets contenant du métal.
Des groupes criminels et des entreprises légales à la tête d’un trafic très lucratif
Les groupes criminels organisés sont les principaux acteurs de ce marché particulièrement rentable, allant d’activités illégales locales au trafic intercontinental à grande échelle. Pour avoir la mainmise sur l’ensemble du cycle de traitement des déchets, ils bénéficient de l’appui d’entreprises dites légales. Certaines sociétés ignorent simplement la réglementation, et d’autres sont intentionnellement impliquées et recourent sciemment à des services illégaux ou entretiennent des activités criminelles et clandestines, en parallèle de leurs activités légales.
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