Exhiber ses bons sentiments : la nouvelle pornographie ?

« Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous, comment ne le sentez-vous pas ? Ah, insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » disait Victor Hugo à ceux qui lui reprochaient son trop grand lyrisme et qui peinaient à discerner la portée universelle de la littérature. « Quand je vous parle des autres, c'est pour mieux vous montrer mon nombril » pourraient lui rétorquer nos contemporains tant les réseaux sociaux forment une sorte de contre-littérature où l'on rivalise d'affichage de vertu pour mieux prouver qu'on est une « belle personne » et où les plus belles âmes ne se promènent jamais sans leur perche à selfie.

Il y a même fort à parier qu’aujourd’hui, loin de répondre à Hugo sur le fond, beaucoup s'attacheraient uniquement à passer au filtre du Bien la vie privée de l’écrivain et ses déclarations passées pour prouver son égoïsme, ses fautes morales, sa non-adhésion aux valeurs modernes et, partant, sa personnalité « problématique » qu'il deviendrait urgent de condamner au bûcher médiatique tout en exigeant de lui des excuses qui, de toute façon, ne suffiraient pas nécessairement à le réhabiliter aux yeux des purs.

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