Chaque année, Reporters sans frontières publie son classement mondial de la liberté de la presse. La France se classe 26e… Piètre résultat pour le pays des Lumières et des droits de l’Homme, où l’hyper-concentration verticale des médias mène les journalistes à l’auto-censure et la société à la défiance. Et à la violence.

publié le 06/06/2022 Par Marine Rabreau
En France, la liberté de la presse violée par l’auto-censure des journalistes

Chaque année, Reporters Sans Frontières (RSF) publie son rapport sur la liberté de la presse dans 180 pays et territoires du monde. Pour sa 20e édition, parue le 3 mai dernier, l’ONG fondée en 1985 a fait évoluer sa méthodologie (1). Cinq nouveaux indicateurs structurent le classement : le contexte politique, le cadre légal, le contexte économique, le contexte socioculturel et la sécurité. RSF définit ainsi la liberté de la presse comme « la possibilité effective pour les journalistes, en tant qu’individus et en tant que collectifs, de sélectionner, produire et diffuser des informations dans l’intérêt général, indépendamment des interférences politiques, économiques, légales et sociales, et sans menaces pour leur sécurité physique et mentale ».

L’édition 2021 décrit un état de la liberté de la presse dans le monde délétère. RSF constate un phénomène de « double-polarisation », à la fois au sein même des pays, mais aussi entre eux. Et dénonce les « effets désastreux du chaos informationnel », à la faveur d’un « espace numérique globalisé et dérégulé qui favorise les fausses informations et la propagande ».

La France, 26e au classement mondial

Dans ce tourbillon nauséabond de l’information, la France se place en 26e position en termes de liberté de la presse. Piètre résultat pour le pays des Lumières et des droits de l’Homme…

Certes, la France gagne huit rangs par rapport à l’année 2020, marquée par un contexte de violences policières, contestées au niveau international, envers les Gilets jaunes lors des manifestations contre le nouveau schéma national de maintien de l’ordre (SNMO) et le projet de loi « sécurité globale », qui prévoyaient de limiter la diffusion d’images des forces de l’ordre.

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