Capitalisme : l’impossible moralisation

« Les vices privés font les vertus publiques ». Le capitalisme, dont cette formule de Bernard de Mandeville constitue le meilleur résumé d’après le philosophe Jean-Claude Michéa, s’est fatalement affranchi, depuis ses origines, des principes, des traditions ou des pratiques qui le préexistaient et le civilisaient. Ce premier article, centré sur l’économie, explique pour quelles raisons un retour en arrière ou l’imposition de contrôles stricts seraient de faux antidotes aux maux du capitalisme. Un second élargira la réflexion à d’autres domaines, et notamment à l'enjeu démocratique.

Le même homme qui pestait contre le « tabou de la réussite » en France et dont les ambitions post-présidentielles se résumaient à « faire du fric » avait promis de moraliser le capitalisme. Nicolas Sarkozy renouvela son engagement de campagne à travers plusieurs discours, notamment celui de Toulon, le 25 septembre 2008 - prononcé dans le contexte d’une « crise financière » inédite, mieux comprise comme la résultante de décennies de globalisation néolibérale - et celui de Davos le 27 janvier 2010.

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