L’EXPLOSION DU CHÔMAGE DE LONGUE DURÉE : UNE DONNÉE ÉTONNEMENT OUBLIÉE...

Bien loin de la petite musique du gouvernement entretenue dans les médias, la baisse proclamée du chômage est bien loin de correspondre à une amélioration du marché de l’emploi. Nous allons voir qu’elle est liée aux politiques régressives du gouvernement, ce que démontre la forte hausse du chômage de longue durée.

Les politiques gouvernementales régressives plongent les chômeurs dans la précarité

Le gouvernement clame sans cesse que sa politique a fortement fait baisser le chômage. Nous avons pourtant vu dans cet article que cette baisse était en grande partie en trompe-l’œil : si les chiffres se sont récemment améliorés, il n’en reste pas moins que plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, ce qui est un record historique.

Au-delà des artifices de reclassement des chômeurs entre différentes catégories afin de faire artificiellement baisser le chiffre commenté dans les médias, la partie réelle de la baisse n’est pas principalement due à une amélioration du marché de l’emploi, comme le montre le total des inscrits.

Elle est liée aux politiques régressives menées depuis plusieurs années, qui diminuent les prestations des chômeurs et les obligent à accepter des emplois qui ne correspondent alors pas à leurs compétences ou attentes. En effet, seuls 50 % des chômeurs ne travaillant pas du tout sont actuellement indemnisés, contre 70 % il y a une quinzaine d’années.

La durée passée au chômage reste à des plus hauts historiques

Ce phénomène s’observe bien si on analyse les chiffres du chômage en fonction de la durée passée au chômage (appelée ancienneté). On constate que la forte hausse apparue depuis une quinzaine d’années a principalement concerné des chômeurs de plus d’un an d’ancienneté.

En conséquence, l’ancienneté moyenne au chômage est de près de 2 ans, ce qui la situe également à des niveaux historiquement hauts. Elle n’était que d’un peu plus de 1 an en 2009.

L’explosion du chômage de longue durée

Si le chômage est toujours une expérience difficile, il devient dramatique quand de nombreux mois s’écoulent dans cette situation précaire. A ce sujet, il est bien rare d'entendre que le chômage de longue durée (c'est-à-dire dépassant un an), a pratiquement triplé depuis 2009.

C’est encore pire pour les chômeurs de plus de 3 ans, dont le nombre a largement triplé au cours de la même période.

Tout ceci confirme bien que la situation de l’emploi en France est loin de s’améliorer, et que la petite baisse récente reste très limitée, et certainement liée aux politiques sociales régressives.

Les séniors, principales victimes du chômage de longue durée

La répartition par âge montre que les séniors représentent la majorité de ces chômeurs de longue durée : ils sont près de 1 400 000.

Ramenés aux effectifs au chômage, on constate que plus de 60 % des séniors au chômage le sont depuis plus d’un an, contre seulement 20 % pour les chômeurs de moins de 25 ans.

Cette situation d’un marché du travail sinistré pour les plus de 50 ans montre bien tout le drame des « réformes des retraites », toujours présentées avec l’argument « il est logique de travailler plus, car on vit plus longtemps ». Mais la réalité, c’est qu’en augmentant l’âge de la retraite, on n’augmente pas toujours la durée au travail. On augmente très souvent la durée au chômage, la durée en invalidité ou la durée aux minima sociaux.

Déjà 1 travailleur sénior sur 2 ne travaille plus quand il prend sa retraite. Et l’observation de la durée moyenne d’inscription au chômage des personnes quittant Pôle emploi (pour tout motif) montre que leur situation ne cesse de se détériorer, avec près de 5 ans de durée moyenne au chômage.

Comme la réforme des retraites projetée ne peut que transférer des coûts de l’assurance retraite vers l’assurance chômage, on comprend mieux la volonté farouche du gouvernement de réduire les droits au chômage. Bien loin d’une réforme « logique », ce n’est qu’une gestion à la petite semaine, sans aucune envergure ni ambition autre qu’économiser quelques milliards sur le dos des personnes les plus fragiles.

La preuve, il n’est jamais question d‘une réforme augmentant l’âge de la retraite à 65 ans pour les seuls cadres, disposant de la plus forte espérance de vie, et qui sont pourtant les principaux soutiens du gouvernement actuel…

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