Alors que la Chine a pris des mesures fortes pour protéger ses propres forêts naturelles, sa demande en bois, déjà excessive, n'a cessé d'augmenter sur le marché international. Surexploitation, dégradation, déforestation, changement d'utilisation des sols pour cultiver du palmier à huile ou d’autres produits "rentables" : la Chine est accusée dorénavant de piller les forêts du monde, y compris celles de France.

publié le 13/07/2022 Par Lucie Touzi
Championne de la déforestation, la Chine a externalisé le massacre des forêts

Après des décennies de surexploitation des forêts, la Chine a pris des mesures restrictives pour restaurer les écosystèmes forestiers et leur résilience à travers le lancement, en 2000, du Programme de protection des forêts naturelles (NFPP), suite aux inondations mortelles des fleuves Yangtsé et Huang He dans le centre de la Chine en 1998. C'est en 2017 que la Chine finit par interdire complètement l'exploitation forestière commerciale de toutes les forêts naturelles appartenant à l'État sur l'ensemble du territoire chinois.

« Les mesures prises par la Chine n'ont fait qu'accentuer un phénomène qui était déjà présent selon lequel elle a des besoins en bois absolument monstrueux, et pas seulement… C'est également un grand importateur de produits agricoles », indique Alain Karsenty, chercheur, économiste au Cirad et spécialiste des forêts tropicales, tout en ajoutant que « la Chine a officiellement importé 63,58 millions de m3 de grumes au total, chiffre en hausse sur 2020, mais les volumes de grumes tropicales importées ont baissé de 2 %, à 5,42 millions de m3 ».

Depuis juillet 2020, la Chine a instauré une nouvelle loi interdisant la mise en marché de bois illégal dans le pays. Malgré cette avancée prometteuse, cette loi n’est pas sans limites, car la Chine n'impose pas aux importateurs d'effectuer une « diligence raisonnée » afin de s'assurer de la légalité du bois importé, contrairement au Règlement sur le Bois de l'Union Européenne (RBUE). « Disons que c'est un premier pas vers une responsabilité dans le commerce international. Il en faudrait un deuxième qui serait l'obligation de la “due diligence” ».

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