Michael Sandel, parfois catégorisé parmi les communautariens, est un critique sévère du libéralisme contemporain. Il s’attaque, dans Le libéralisme et les limites de la justice (1982), à la pensée libérale égalitariste de John Rawls (développée dans l’ouvrage Théorie de la Justice, 1971).

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Rawls et, plus largement, les penseurs libéraux défendent un principe de justice qui prime sur toute vision du Bien, toute position morale. L’entreprise épistémologique de Sandel démontre que les principes de justice au fondement des régimes libéraux ne peuvent être, contrairement à ce que ses défenseurs avancent, indépendants de toute conception de la vie bonne, à savoir de toutes convictions morales ou religieuses.

Ce qu’il faut retenir :

La société idéale selon John Rawls habille la politique démocratique du décorum de la neutralité et éjecte les valeurs morales dans un espace mondain arbitraire en proie aux bonimenteurs, aux prêcheurs de la bonne parole, aux démagogues convaincants, fervents défenseurs de valeurs intolérantes et nauséabondes. Cette conception de la société vide la politique de son énergie morale et ne respecte les convictions morales de ses concitoyens que dans la mesure où elle ne se prononce pas les concernant.

A contrario, Michael Sandel nous invite à reconnaître l’impossibilité d’une société juste qui ne se prononce pas sur le Bien, d’une pluralité d’individus qui ne se comprennent pas originairement comme communauté. Sandel propose ainsi de réinjecter l’énergie des valeurs morales dans le débat public et, à ce titre, de respecter les convictions des concitoyens à travers un dialogue intéressé et non une indifférence mutuelle.

Biographie de l’auteur

Michael Sandel (1953-) est un philosophe politique américain, professeur de théorie du gouvernement à Harvard, où son cours Justice a été le premier cours de l’université à être mis en ligne et à la télévision gratuitement. Il a été visionné par des dizaines de millions de personnes dans le monde entier, y compris en Chine, où Sandel a été nommé en 2011 « personnalité étrangère la plus influente de l’année ».

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