Tandis que le traité UE-Mercosur s'apprête à être signé en dépit de la colère des agriculteurs français, la perspective d’un échec du projet franco-allemand d’avion du futur gagne en consistance, et la guerre en Ukraine ressemble de plus plus à un conflit où les Européens ont tout à perdre. Dernières nouvelles de Bruxelles.
Ainsi donc, le plus européiste de nos présidents aura manifesté, après huit années d’exercice du pouvoir, son opposition ferme à un traité de libre-échange avec le Mercosur, défendu par la Commission européenne comme relevant de la plus haute importance stratégique. Il l’aura fait contre l’Allemagne, fervent soutien du traité, au risque d’exposer au grand jour les divergences de fond qui séparent Paris et Berlin sur ce dossier comme sur d’autres, à rebours de la thématique éculée du « couple » franco-allemand, « moteur de l’Europe ».
Une révolte française ?
Dans ce rejet du traité en l’état, les circonstances ont beaucoup joué. D’abord, indépendamment du gouvernement français, le soutien de l’Italie. Pour opportuniste et sans doute éphémère qu’il soit, ce soutien était indispensable, dans un domaine où le vote à la majorité qualifiée impose aux États acquis au « non » de former une minorité de blocage. La France n’étant plus souveraine dans le domaine commercial, il lui fallait donc accepter de dépendre ouvertement d’autrui. Autre circonstance tout à fait pressante, la colère du monde paysan, dont les manifestations et, parfois, les débordements violents, font craindre à l’Élysée un mouvement d’ampleur susceptible de fragiliser un peu plus un président contesté de toute part, dont le mandat finissant relève de plus en plus d’une épreuve pour lui et pour le pays.
Les effets nuisibles du traité pour l’agriculture française étant objectivement documentés, Paris ne pouvait pas céder à Bruxelles sans donner à l’opinion publique l’insupportable impression de brader les intérêts de la France, au moment même, coïncidence accablante, où notre pays s’apprête à connaître un premier déficit de sa balance agroalimentaire, dans lequel le libre-échange tient toute sa place.
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