Après l’enseignement, la santé, la police et la culture, la diplomatie fait les frais d’une gestion incompréhensible qui joue constamment contre les intérêts nationaux.

publié le 23/10/2023 Par Marion Messina

D’après un rapport du Sénat de juillet 2022, le Quai d’Orsay aurait perdu la moitié de ses effectifs en trente ans. Le réseau diplomatique national n’est plus que le troisième au monde derrière les États-Unis et la Chine, qui, elle, n’a pas cessé d’ouvrir de nouvelles ambassades en conformité avec ses ambitions – sans compter une stratégie axée également sur le soft power via les instituts Confucius et autres centres culturels homologués par Pékin.

Annoncée en avril 2022, la réforme du corps diplomatique envisagée par Emmanuel Macron prévoit, d’ici la fin 2023, la « mise en extinction » de deux corps historiques de la diplomatie et la création d'un nouveau corps de l'État. Une perspective loin d’être digérée malgré une grève de protestation inédite en juin 2022. Pour preuve, la naissance – à la veille de ce rendez-vous – d’une « Association française des diplomates de métier » avec pour présidents d’honneur des personnalités telles que Dominique de Villepin, Michel Barnier ou Maurice Gourdault-Montagne.

Le chef de l’exécutif s’est expliqué en précisant que « cette réforme [était] bonne pour le Quai d'Orsay », car elle permettrait « d'avoir une diplomatie plus agile, plus experte, plus forte [...], d'agréger le métier de diplomate avec des compétences extrêmement pointues dans les réseaux sociaux, les technologies, l'épidémiologie », et de créer des « task force utiles et mobiles ». Nul besoin de faire authentifier la prose – le style, c’est l’homme.

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