Alors que le projet d’avion de combat franco-allemand sombre définitivement, les 10 ans du Brexit occasionnent une bouffée d’européisme dans l’espace médiatique. Pendant ce temps, Bruxelles, engluée dans son attachement métaphysique au libre-échange, peine à trouver la parade face à l’offensive commerciale de la Chine. Dernières nouvelles de Bruxelles.
Il n’aura pas décollé. 10 ans après son lancement en fanfare, le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), centré sur un avion de nouvelle génération a été officiellement abandonné. Le « cloud » de combat censé l’accompagner semble également compromis. Voulu personnellement par Emmanuel Macron, le SCAF était présenté en 2017 comme le projet phare d’une « Europe-de-la-Défense » que le nouveau Président français se faisait fort, alors, de faire advenir enfin. Il avait de surcroît le mérite, dans une perspective européiste, de démontrer la pérennité du « couple » franco-allemand.
Fin de partie pour le SCAF
Las ! 10 années de blocages, de tensions, de négociations interminables maintes fois relancées ont fini par avoir raison du projet, en dépit des assurances cent fois répétées quant à sa nécessaire réussite finale. Il s’agit là d’un échec personnel pour le chef de l’État, qui aura soutenu le SCAF jusqu’au bout, quelques jours avant que les autorités allemandes n’annoncent officiellement la fin du projet. Mais au-delà de cette dimension personnelle, l’échec du SCAF est riche d’enseignement, à plus d’un titre.
Il faut d’abord comprendre pourquoi ce projet a pu être souhaité, alors qu’aucune considération géostratégique ou financière ne l’imposait. Le SCAF, objectivement, ne présentait que des inconvénients. Inconvénient technique : la mise au point d’un avion de combat, redoutablement complexe, l’est rendue plus encore par la multiplication des spécifications nationales. Inconvénient financier : par le coût qu’engendre une étroite coopération entre entreprises étrangères aussi bien que par la recherche par chaque partenaire étatique d’un maximum de retombées industrielles pour son propre appareil productif ; d’où le paradoxe selon lequel la plupart des programmes européens d’armement coûtent plus cher à produire que ceux conçus sur une base nationale, à l’exemple de l’A400M.
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