Les crises entre l’Europe et ses voisins et partenaires se multiplient depuis quelques années. Le continent est plus que jamais isolé, et ne peut plus compter sur les États-Unis pour le protéger. Mais d’un pays européen à l’autre, les intérêts et les positionnements stratégiques continuent de varier de façon parfois considérable. La question de la défense et de la diplomatie européenne semble destinée à demeurer un vœu pieux, et une équation sans solution.

Par Paul Fernandez-Mateo

En Europe, l’éternel ballet des dirigeants « problématiques » se poursuit, au fil des élections. À peine Bruxelles a-t-elle eu le temps de pousser un soupir de soulagement devant le départ de Viktor Orbán, qualifié tantôt d’agent de Poutine, tantôt de marionnette de Trump, souvent les deux, que c’est au tour de la Bulgarie d’élire un pro-russe, quoique plus consensuel, en la personne de son ancien président, Roumen Radev. Même la guerre en Ukraine ne parvient toujours pas à mettre tous les pays européens d’accord ; et il en suffit d’un pour paralyser l’UE, s’il se montre inflexible.

En parallèle, de nouveaux problèmes font leur apparition. Le retour de Donald Trump au pouvoir à Washington a été une profonde source d’embarras pour de nombreux pays européens, qui, s’ils se sont largement soumis à sa volonté sur la plupart des dossiers faute d’avoir vraiment le choix, n’ont généralement pas fait beaucoup d’efforts, depuis 2016, pour dissimuler le dégoût que l’individu et ses idées leur inspiraient.

Plus grave, l’attitude agressive de l’administration américaine concernant le Groenland, et les menaces répétées relatives au degré de contribution des pays européens à l’OTAN ont fortement érodé la confiance générale dans la volonté des États-Unis à défendre les pays d’Europe en cas de guerre. La nervosité est palpable, au point que le chef de l’OTAN lui-même a estimé nécessaire de rappeler aux Européens leur faiblesse. Il semble de plus en plus évident que les pays européens devront bientôt se débrouiller seuls ; surtout si les États-Unis continuent à sabordere peu de bonne volonté dont ils bénéficiaient encore à travers le monde en poursuivant leurs opérations militaires hasardeuses – la dernière en date, en Iran, s’étant refermée sur eux comme un piège.

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