La récente victoire de Bassirou Diomaye Faye – candidat du PASTEF, principal parti d’opposition – à l’élection présidentielle du 24 mars dernier, a quelque chose de rassurant : un temps vacillante, la démocratie sénégalaise semble sortir confortée du scrutin, tant par son résultat que par la manière dont il s’est déroulé. Reste à savoir si le pouvoir en place saura agir avec le discernement et la mesure nécessaires au pays.

publié le 15/04/2024 Par Éric Juillot

Guinée-Conakry, Mali, Burkina Faso, Niger… La liste est longue des États ouest-africains aujourd’hui contrôlés par des juntes militaires, dont certaines – comme en Guinée – osent s’affirmer comme l’incarnation d’une authenticité africaine. Ces dérives autoritaires, récentes pour la plupart, viennent de buter sur un môle de résistance régionale, la République sénégalaise. Celle-ci vient en effet de vivre une alternance politique d’ampleur, sans interférence des militaires et respectueuse, pour l’essentiel, du droit et du pluralisme.

Un pôle démocratique en Afrique de l’Ouest

Cela ne s’est pourtant pas produit sans douleur. La bataille livrée par le pouvoir en place pour enrayer l’irrésistible ascension du PASTEF, la tentation de la violence et de l’arbitraire à laquelle a parfois cédé l’ex-chef de l’État Macky Sall, ont un temps fait vaciller la démocratie au Sénégal. Les semaines qui ont séparé son annonce, le 3 février dernier, d’un report de l’élection, et l’organisation, finalement, du premier tour le 24 mars, ont été lourdes de tensions et de dangers.

Face à la pression de la rue – trois morts sont à déplorer du côté des manifestants –, à l’opposition de responsables politiques influents et des plus hauts magistrats du pays, le président qui achevait son second mandat a fini par céder. Ces quelques semaines d’épreuve ont démontré la vitalité de la démocratie au Sénégal et la profondeur de son enracinement, que le scrutin a ensuite confirmées par son déroulement sans anicroches autant que par son résultat spectaculaire, puisque le candidat du PASTEF y a été élu dès le premier tour, quand un second paraissait le plus probable à la veille de l’élection.

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