L’union fait souvent la force, à condition d’emprunter les chemins adéquats en fonction des situations. Tel est l’enseignement principal qui ressort du livre A-t-on besoin d’un chef ? Petit traité d’intelligence collective (Allary éditions) écrit par Mehdi Moussaïd, chercheur en sciences cognitives à l’Institut Max-Planck de développement humain de Berlin, et qui a créé la chaîne YouTube « Fouloscopie ». Dans cet ouvrage de vulgarisation scientifique, qui est en même temps un guide pratique, il introduit le lecteur dans son laboratoire face aux écrans de contrôle qui suivent les groupes d’expérimentateurs qui tentent de s’organiser face à toutes sortes de problèmes. Il nous plonge par la même occasion dans l’histoire de la recherche sur l’intelligence collective aujourd’hui en plein essor.
Laurent Ottavi (Élucid) : Votre livre repose sur l’idée que l’intelligence collective est un objectif qui ne peut s’atteindre que de multiples façons, qui dépendent du problème à résoudre. Pouvez-vous en donner quelques illustrations ?
Mehdi Moussaïd : L’intelligence collective se construit par des méthodes à appliquer en fonction des situations. Ce sont les statistiques tirées d’expériences répétées qui nous amènent à cette conclusion générale. En d’autres termes, c’est une vérité scientifique ! La différence de méthodes à retenir en fonction des situations peut être illustrée par les expériences autour du fameux « test de Raven ». C’est un test de logique qui repose sur des questions à choix multiple. On mesure grâce à lui une forme d’intelligence qui est le raisonnement logique.
En l’occurrence, les groupes qui font l’expérience doivent travailler ensemble pour obtenir le meilleur score possible à ce test. Plein de méthodes sont testées par les groupes et on regarde ce qui marche le mieux. La méthode la plus commune est celle de la discussion libre. Elle est dangereuse, piégeuse, très aléatoire. Elle donne d’assez bons résultats mais on peut faire mieux car il y a beaucoup de variabilité dans le résultat. On peut aussi recourir à des méthodes de filtrage. C’est ce que font les DRH en entreprise. Au lieu de combiner les valeurs de tous les candidats, les DRH s’appuient sur le meilleur. Mais même avec le meilleur, vous n’atteignez pas plus de 80-90 % de bonnes réponses au test de Raven.
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