TVA, cotisations, CSG, impôt sur le revenu : ces quatre piliers drainent 70 % de nos recettes publiques. Pourtant, le débat fiscal français reste prisonnier d'un dialogue de sourds entre ceux qui crient à la « spoliation » et ceux qui réclament toujours plus de prélèvements. La vérité est plus inconfortable pour tout le monde : notre système taxe massivement ceux qui travaillent et consomment, tout en allégeant méthodiquement la facture du capital – sans que les effets promis sur l'investissement et l'emploi ne se matérialisent jamais. Les chiffres sont têtus, les études officielles sans appel. Ce deuxième volet de notre enquête fiscale propose une lecture factuelle et documentée, loin des certitudes de salon, pour enfin comprendre l'architecture réelle de nos prélèvements.
1- Quels impôts pour quel modèle ?
2- Qui encaisse ?
3- Qui paye ?
4- La grande braderie : baisse des impôts sur le capital et mirage du ruissellement
5- À la racine du mal : la dérégulation de l’Union Européenne
Ce qu'il faut retenir
Nous avons déconstruit, dans notre précédent volet, le mythe d’une France « asphyxiée » par sa fiscalité : bien qu’élevée, elle reste assez proche de celle de certains voisins, et les différences d’impôt se retrouvent dans des prestations sociales plus généreuses.
Mais au-delà du volume total des prélèvements, c’est leur structure et leur répartition qui importent : qui paie quoi, sur quelles bases, et avec quels effets économiques et sociaux ? Un euro d’impôt peut prendre des formes très diverses – cotisation salariale, TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, taxe foncière locale, etc. Chacune de ces recettes a son histoire, sa logique et ses conséquences propres. Pour comprendre véritablement la fiscalité française, il faut donc disséquer cette mosaïque fiscale et analyser qui contribue, comment, et pour financer quoi. C’est l’objectif de cette analyse, qui passera en revue l’« anatomie » de nos prélèvements obligatoires, avant de s’attarder sur la fiscalité du capital et des entreprises à l’heure des baisses de taux, et enfin de replacer le modèle français dans la perspective plus large de son évolution historique.
Loin de l'image d'une « spoliation » arbitraire, la fiscalité est la traduction comptable d'un choix de société : celui d'une mutualisation étendue des risques majeurs de l'existence. Pourtant, ce système est aujourd'hui traversé par un déséquilibre majeur et une crise de la solidarité, gangrénée par un individualisme de plus en plus forcené. Comprendre « qui paie quoi » en France, c’est sortir de la paresse intellectuelle des slogans pour disséquer une réalité où le travail et la consommation portent l'essentiel du fardeau, pendant que le capital bénéficie d'un désarmement fiscal méthodique, victoire majeure du néolibéralisme patiemment construite depuis 40 ans.
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