Le président Trump, depuis son arrivée à Washington, s’est lancé dans des attaques en règle contre les institutions américaines et a fait montre d’une approche autoritaire du pouvoir. Parmi ses cibles figure la Réserve fédérale américaine, jugée insuffisamment à l’écoute de sa politique économique. Les perturbations de l’institution ont suscité des inquiétudes bien au-delà de l’Atlantique, particulièrement chez les dirigeants européens. L’indépendance des banques centrales a longtemps semblé constituer l’un des dogmes les plus puissants du consensus idéologique et politique formé à partir de la fin des années 1970. Faut-il revenir sur cette indépendance, et si oui, pourquoi ? La question ne peut être envisagée qu’à l’aune des rapports entre l’autorité monétaire et les vues du Trésor, c’est-à-dire ses besoins de financement. L’histoire économique nous éclaire sur les relations houleuses et souvent complexes entre pouvoir politique et autorité monétaire.
L’administration Trump, par les mesures économiques qu’elle a mises en œuvre, ébranle à la fois des politiques et des principes solidement établis depuis plusieurs décennies. Que l’on songe à la promotion du libre-échange ou encore à celle de l’indépendance des banques centrales. Si l’on s’attarde sur cette dernière, le président Trump, depuis un an, s’est lancé dans des attaques sans précédent à l’égard de la Réserve fédérale, et particulièrement de son président, pourtant nommé par lui-même lors de sa première mandature.
Jay Powell a fait l’objet d’attaques ad hominem autant que de critiques visant sa politique, jugée insuffisamment accommodante par le locataire de la Maison Blanche. Selon ce dernier, la baisse des taux d’intérêt n’a pas été d’une ampleur suffisante. La recherche d’un dollar faible a semblé constituer la ligne directrice de la nouvelle politique économique, sans compter la volonté du président américain de déréguler le système financier.
D’autre part, le Conseil des gouverneurs a lui aussi subi des attaques, entraînant la démission de l’une de ses membres, ce qui a contribué à déstabiliser l’institution monétaire américaine. À l’été 2025, Adriana Kugler, membre du comité de politique monétaire chargé de déterminer l’orientation des taux, venait à démissionner.
Les remous affectant la Banque centrale américaine ont inquiété les autorités monétaires européennes, qui ont craint que ce dogme soit discuté, voire remis en cause. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, dans une interview donnée à la chaîne Fox News à l’été 2025, rappelait sa préoccupation en la matière et les risques d’une remise en cause de l’indépendance des banques centrales, affirmant que la Banque deviendrait « dysfonctionnelle et commencerait à faire des choses qu'elle ne devrait pas faire. La prochaine étape serait la perturbation, l'instabilité, voire pire. Je pense donc que cela ne devrait pas être débattu ».
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