Quand l’énergie devient une arme, l’économie mondiale vacille. La fermeture d’Ormuz ne menace pas seulement les approvisionnements : elle redistribue les cartes entre puissances, marchés et industries. Et dans ce chaos, certains acteurs s’apprêtent déjà à tirer profit de la crise.
La fermeture du détroit d'Ormuz, à la suite à l'agression des États-Unis contre l'Iran, constitue la plus grande crise sur le marché pétrolier mondial de tous les temps, comme l’a relevé l’Agence internationale de l’énergie. Son directeur, Fatih Birol, estime que le choc pétrolier en cours sera pire que les deux chocs pétroliers des années 1970 et la crise gazière de 2022 réunis. L’inquiétude des pays consommateurs est telle qu’ils ont coordonné le relâchement de centaines de millions de barils puisés dans leurs stocks stratégiques afin d’éviter, provisoirement, un emballement des prix.
Les responsables gouvernementaux de haut niveau n’hésitent pas à parler de « choc pétrolier » pour qualifier la situation actuelle. Le fait qu’ils emploient ces termes aussi rapidement tient sans doute à la crise énergétique quasi permanente qui perdure depuis la pandémie de Covid-19. On se rappelle en effet, non sans difficulté, l’épisode de la crise gazière de 2022, qui s’inscrivait plus largement dans une crise énergétique ayant touché l’ensemble des matières premières énergétiques : le pétrole, le charbon, mais aussi l’électricité. Toutes ont vu leurs prix augmenter de manière très importante.
La fermeture du détroit d’Ormuz ne constitue donc qu’une étape supplémentaire dans cette longue chaîne d’événements qui a confronté le monde à des prix de l’énergie élevés et à des difficultés d’accès à celle-ci. La crise actuelle, ou plutôt, comme on devrait désormais l’appeler, le choc pétrolier d’Ormuz, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés de l’énergie, aura à coup sûr des conséquences importantes, qu’elle soit de courte ou de longue durée.
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
4 commentaires
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner