La guerre conduite par les États-Unis et Israël en Iran, au-delà de ses destructions et du grand nombre de victimes, a jeté une ombre menaçante sur l’économie mondiale. Celle-ci révèle que l’opération américaine a, à bien des égards, été mal évaluée, notamment dans sa propagation dans les pays du Golfe arabo-persique, perturbant la production et la distribution du gaz et du pétrole, et rendant la circulation dans le détroit d’Ormuz quasi impossible pendant plusieurs semaines. Face à ce ralentissement – pour ne pas dire à cette mise à l’arrêt – d’économies jugées stables comme les Émirats arabes unis, le Qatar ou l’Arabie saoudite, le monde s’interroge, et particulièrement l’Union européenne et la France, sur l’impact de cet ébranlement qui affecte aussi bien l’offre que la demande. La France s’inquiète à juste titre, car la situation des finances publiques ne plaide pas pour un grand optimisme quant à un éventuel soutien futur de la part de l’État. Mais ce surcoût à venir pour les ménages, entre autres, s’ajoute à une contraction du pouvoir d’achat et du niveau de vie entamée depuis plus d’une décennie pour certaines catégories de la population. Peut-on espérer un changement de doctrine au sein de l’Union européenne, une inflexion de la politique gouvernementale pour répondre à la situation actuelle ? Il est à craindre que le temps des vulnérabilités se prolonge encore.

Par Frédéric Farah

La guerre illégale américano-israélienne prend la forme d’un enlisement qui se confirme de jour en jour. La médiocrité de l’administration Trump, couplée au désir d’hégémonie brutale de l’État d’Israël, place le monde face à un horizon aussi trouble qu’incertain. Sans oublier les Libanais qui voient leur nation, une nouvelle fois, soumise à des destructions préoccupantes, pour ne pas dire dramatiques.

L’Union européenne peine à déterminer le chemin à suivre pour répondre à l’urgence du moment et offrir au monde autre chose que la brutalité sans perspective. Pour l’heure, l’incertitude économique règne, plaçant le continent européen sous le feu croisé des tensions commerciales avec les États-Unis, du choc chinois en matière industrielle et des effets économiques de cette troisième guerre du Golfe. Tous les pays européens hésitent sur la stratégie à adopter, tant les vulnérabilités et les intérêts de chacun diffèrent.

Pour l’heure, la Banque centrale européenne, seule autorité fédérale en matière économique, tient un discours en demi-teinte. D’une part, elle s’efforce de montrer que les fondamentaux de l’économie européenne et la situation du continent sont plutôt favorables en comparaison avec ceux de la période 2021-2022, marquée par le choc inflationniste issu de la guerre russo-ukrainienne. La dépendance à l’égard du Golfe arabo-persique en matière de gaz est moindre que celle des pays asiatiques, et le taux de chômage européen ne connaît pas encore de progression significative. L’institution se rassure également en raison d’une politique monétaire moins accommodante que par le passé, donc moins susceptible de générer de l’inflation. Néanmoins, les dangers restent présents face à la plus grande perturbation de l’approvisionnement de l’histoire du marché pétrolier mondial.

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