Le 12 novembre 2025, la Commission européenne a présenté son plan « pour un bouclier de la démocratie ». Mais un bouclier contre qui et pour défendre quelle « démocratie » ? La genèse de ce « bouclier » révèle une filiation directe avec l’écosystème de censure américain mis en place après l’élection de Donald Trump pour « protéger » les électeurs d’analyses jugées problématiques. Paniqués par le phénomène des fake news, nos dirigeants et représentants sont désormais prêts à abolir la liberté d’expression en ligne.

publié le 14/01/2026 Par Camille Adam

Avant d’être concrétisée par un ensemble de mesures, le bouclier européen de la démocratie est d’abord une doctrine. Cette doctrine consiste premièrement à présenter les élections comme des infrastructures critiques d’un pays ou d’un espace, qu’il conviendrait de protéger au même titre que les infrastructures de télécommunications, énergétiques, etc. Deuxièmement, il s’agit de garantir l’intégrité de « l’espace informationnel », c’est-à-dire du débat public, qui précisément se tient en amont de l’élection. Un nouveau paradigme voit ainsi le jour. Désormais, les élections ne sont plus menacées uniquement par la fraude électorale, mais aussi par la fraude informationnelle.

Un « centre européen pour la résilience démocratique »

Mais alors en quoi consiste ce bouclier de la démocratie ? Essayons d’aller à l’essentiel tant les annonces sont nombreuses, en particulier dans des domaines où la Commission n’a pas de compétence.

La mesure la plus concrète annoncée est la création d’un Centre européen pour la résilience démocratique. Ce Centre servirait d’interface entre la Commission et la société civile organisée (ONG), les universités, les think tanks, ainsi que la communauté des fact-checkeurs. Ces derniers seraient regroupés au sein d’un nouveau réseau européen des fact-checkeurs soutenu par la Commission, en complément de l’Observatoire européen des médias numériques déjà existant. L’adhésion à ce Centre resterait volontaire.

Mais qu’est-ce que la « résilience démocratique » qui devrait être assurée et protégée par ce « Centre » et ces parties prenantes ? Pour faire simple, la résilience démocratique renvoie principalement à la lutte contre la désinformation et la capacité pour la société d’encaisser cette désinformation. Et cette lutte se veut tous azimuts : au niveau des communes, des médias, des ONG, à l’école par l’éducation aux médias et au numérique…

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