Malgré le satisfecit autoproclamé de la FIFA et de Washington, le Mondial 2026 restera comme l'un des plus controversés de l'histoire du football. Loin des éloges dispensés par certains médias, en premier lieu les diffuseurs de la compétition, cet événement planétaire aura surtout jeté une lumière crue sur les fractures géopolitiques, économiques et sociales de notre époque.

Par Olivier Pironet

N’en déplaise à certains journalistes, tel le commentateur de la chaîne M6, Xavier Domergue, expliquant durant la finale de la Coupe du monde de football en Amérique du Nord (11 juin-19 juillet 2026) que cette dernière a été « remarquablement organisée », ou les envoyés spéciaux du Monde, pour qui « il reste de ce Mondial des images bon enfant de fans du monde entier partageant la joie simple du sport, d’un hamburger ou d’une photo devant la statue de la Liberté », cette édition de la compétition reine du ballon rond restera dans les annales comme l’une des pires que le Beautiful Game ait connues.

Et pour cause : marqué par les polémiques, les ingérences politiques et les dérives commerciales, mais aussi par les pratiques discriminatoires et les aberrations écologiques, le tournoi quadriennal (dont 78 des 104 matchs ont eu lieu à travers les États-Unis, les autres au Mexique et au Canada) a offert un nouvel éclairage, s’il en était encore besoin, sur les contradictions d’un sport soumis à l’argent-roi et aux intérêts des puissants.

Petits (et grands) arrangements entre amis

Une image résume peut-être à elle seule cette édition 2026 du Mondial : celle de Donald Trump, tout sourire dans les tribunes officielles du MetLife Stadium de New York aux côtés de « [s]on ami » Gianni Infantino (patron depuis 2016 de la Fédération internationale de football, FIFA), lors de la finale remportée par l’Espagne contre l’Argentine. Copieusement hués par une grande partie du public à leur apparition sur le grand écran du stade puis lorsqu’ils sont descendus sur la pelouse pour la remise du trophée au vainqueur, les deux hommes cultivent depuis 2018 (année de l’attribution de la Coupe du monde 2026 au trio nord-américain) (1) une proximité faite d’échanges de faveurs et de services réciproques.

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