Longtemps, Cuba affichait des indicateurs enviables pour la région caribéenne, malgré un embargo qui était partiellement contourné. C’est de moins en moins le cas : le modèle social cubain est désormais vulnérable aux assauts des États-Unis, auxquels se plie le reste du monde. Coupures de courant systématiques et pénurie de biens essentiels mettent en danger les acquis de la Révolution de 1959, qui ont conféré à l’île son rayonnement mondial. Synthèse.

Par Vincent Ortiz

Hautement dépendante de l’or noir, l’économie cubaine est menacée par le tarissement sans précédent de ses importations pétrolières. Celui-ci découle d’un renforcement des sanctions américaines, dont les conséquences sociales dévastatrices sont décrites en ces termes par la députée américaine Pramila Jayapal au média Responsible Statecraft : « La plus grande partie du pays vit sans électricité, parfois vingt heures par jour […]. Les enfants ne vont pas à l’école. Le jour, pas de trafic routier […]. Personne ne peut se permettre d’acheter de l’essence pour aller où que ce soit ».

Pétrole : chute des importations et pénurie énergétique

Pour comprendre le caractère inédit de la situation sur l’île, un détour par la « période spéciale en temps de paix » (1989-1999) est nécessaire. Durant cette décennie, qui fait suite à la chute de l’Union soviétique – qui fournissait du pétrole à bas prix à Cuba – et précède l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez au Venezuela – qui lui en fournira –, le pays se retrouve isolé. Peu d’observateurs parient alors sur la survie du système socialiste, pris pour cible par le premier texte extraterritorial de l’histoire américaine : la loi Helms-Burton (1996).

Pourtant, cet étau n’a pas empêché Cuba de continuer à importer diverses marchandises vitales pour son économie, dont du pétrole. Les chiffres de la période montrent que durant la décennie 1990, Cuba importe toujours des dizaines de milliers de barils par jour. En 1999, Cuba atteint un seuil de 16 000 barils journaliers. Il s’agit bien d’une diminution drastique par rapport aux plus de 150 000 barils quotidiens importés lorsque l’Union soviétique demeurait en place, mais cette configuration n’en demeure pas moins éloignée d’un étranglement total.

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