Les méthodes habituellement retenues pour analyser les votes aux élections manquent de finesse. Youssef Souidi, diplômé de l’EHESS et docteur en économie, et Thomas Vonderscher, éditeur indépendant après avoir été directeur littéraire chez Fayard, livrent le résultat de leurs recherches dans Nouvelle cartographie électorale de la France (Textuel, 2026). Leur livre, riche en infographies, déroute par rapport à de nombreux lieux communs répétés lors des soirées électorales.
Laurent Ottavi (Élucid) : Pourquoi avez-vous écrit cet ouvrage alors qu’il en existe beaucoup sur ce sujet ? Qu’apportez-vous de spécifique dans votre démarche et dans votre méthode ?
Thomas Vonderscher : Tout a commencé au soir des élections européennes de 2024, après la dissolution surprise de l’Assemblée nationale. Youssef, dont j’étais l’éditeur, a commencé à envisager une nouvelle méthode qui consiste à se positionner à l’échelle du bureau de vote. Cela consiste à exploiter les données du ministère de l’Intérieur et à les croiser avec les données disponibles sur le quartier autour du bureau de vote, obtenues grâce à l’Insee. Un premier article en est sorti, lors de l’entre-deux-tours des élections législatives, puis une note pour la fondation Jean-Jaurès, puis une tribune pour Libération. Nous étions encore insatisfaits et nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de proposer une nouvelle cartographie électorale, ce qui a abouti à ce livre.
Notre démarche n’est pas celle d’universitaires. Nous avons fait le livre que nous aurions aimé lire un soir d’élection, un livre qui résume les tendances politiques depuis 2017, pour un public plus large que le public des ouvrages universitaires. Notre livre est humble. Il ne prétend pas être une grille de lecture parfaite, mais complémentaire avec ce qui existe déjà et assez fine. Nous avons retenu pour chaque chapitre quelques travaux, en sciences humaines et en sciences sociales, dont notre livre semblait éclairer les interprétations.
Nous éclairons par exemple d’une autre lumière les travaux de Nicolas Roussellier sur ce qu’il appelle la mort du fait majoritaire. Aujourd’hui, il n’y a plus un bloc de droite contre un bloc de gauche. Nous nous sommes d’ailleurs amusés à faire des simulations dans les circonscriptions qui ont été structurellement disputées lors des dernières législatives pour voir ce qu’il en aurait été si la proportionnelle avait été en place. Les équilibres auraient été très différents !
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