La publication, le 5 décembre dernier, d’un document résumant la nouvelle stratégie américaine pour les années à venir a fait beaucoup couler d’encre – à juste titre, car il y a beaucoup à en dire. Derrière les formules provocantes et les tournures prétentieuses, que faut-il retenir des orientations stratégiques que l’administration Trump souhaite impulser aux États-Unis ?
Moins d’un an après son retour au pouvoir, Donald Trump a déjà maintes et maintes fois démontré qu’il avait poussé la maîtrise du coup de pied dans la fourmilière au rang d’art. Agissant constamment avec toute la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, le président américain ne recule devant aucune outrance pour atteindre les objectifs qu’il se fixe et qui semblent souvent varier d’un jour à l’autre, quitte à pousser les partenaires des États-Unis à l’exaspération.
Mais peut-être est-ce là une erreur. Sans pour autant supposer qu’il s’agisse là d’une manœuvre volontaire du président américain, la focalisation excessive sur son langage fort peu diplomatique et ses constants revirements sur la scène internationale conduit à percevoir Donald Trump comme une sorte de gros bébé capricieux. Si cette vision peut se comprendre, elle n’est pas forcément utile, et peut même jouer le rôle d’un écran de fumée, nous faisant oublier que derrière les pitreries et les injures, l’activité du président américain suit en réalité une logique claire.
Ainsi, les observateurs européens, en réaction à la publication du résumé de la stratégie américaine, le 5 décembre dernier, ont poussé des cris d’orfraie devant le langage utilisé par l’administration américaine pour décrire l’Europe – une Europe en « déclin économique » et menacée d’« effacement civilisationnel ». Scandalisés par les formulations effectivement peu amènes utilisées dans le document, ils ont bien souvent arrêté là leur analyse, rejetant le document en bloc comme représentant une énième provocation du président américain à l’égard de ses partenaires européens, qui devraient une fois de plus faire acte de soumission à Washington en grinçant des dents et en attendant avec une impatience évidente que le « moment Trump », si désagréable pour eux, passe enfin.
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