« Winter is coming ». La célèbre phrase de la série Games of Thrones pour annoncer l'arrivée de l'armée du "grand froid" vers nos maisons pourrait s'appliquer à l'Europe de nos jours. Avec des températures qui restent encore très élevées, les Européens continuent de vivre chaudement, en attendant que le couperet glacé de l’UE et de l’hiver leur tombe dessus.

publié le 10/11/2022 Par Marco Cesario
Mourir de froid pour l'indépendance énergétique : le futur projet de Bruxelles ?

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a récemment souligné dans le Financial Times la nécessité de « créer une véritable Union de l'énergie », un projet qui « sera un pilier essentiel de la souveraineté de l'UE » et pour lequel « nous devrons revoir nombre de nos anciennes convictions et agir plus collectivement, en tant qu’Européens ». Michel lui-même a également noté que « la crise énergétique a mis en évidence les fissures de l'Union », et a insisté sur le fait que « personne ne peut faire cavalier seul dans cette crise ».

Ses allusions ciblent directement l'Allemagne, qui a prévu 200 milliards pour faire face au problème chez elle, mais aussi les pays qui remplissent leurs dépôts et concluent des contrats de fourniture grâce à leur situation géographique. Or, dans une Europe qui se voudrait unie, on ne peut pas garder Paris au chaud et Budapest au froid. Mais Berlin, très largement dépendante du gaz russe bon marché désormais indisponible, a bien l’intention de faire passer ses intérêts nationaux avant le reste de l’Europe. L’Allemagne a en effet déjà alloué 100 milliards d’euros à sa défense nationale, et compte dépenser 200 milliards d’euros supplémentaires pour son approvisionnement énergétique.

Entre-temps, les ministres européens de l'énergie sont parvenus à un accord politique le 30 septembre, sur des mesures visant à atténuer les prix élevés de l'électricité : une réduction de la consommation, un plafonnement des revenus supplémentaires des producteurs d'électricité et une contribution de solidarité des producteurs de combustibles fossiles. C'est ce qu'a annoncé la présidence tchèque du Conseil de l'UE.

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