« On n'a jamais essayé », disent des citoyens tentés de voter pour le Rassemblement national, trop peu curieux de voir que d'autres, ailleurs, ont bien voté pour des forces politiques proches. Depuis l'accession au pouvoir de Javier Milei, l'Argentine est un laboratoire en temps réel de ce dont ce camp politique prétendument « anti-système » est capable : parachever le néolibéralisme.

Par Mikaël Faujour

Tout un pan de la presse française mainstream communie dans une même fascination pour Javier Milei. De L'Express, Le Point, Le Figaro, et Les Échos jusqu'à Valeurs actuelles ou au Journal du dimanche, c'est tout le camp qui se pense « libéral-conservateur » (et où convergent les sensibilités que les médias appellent encore « droite » et/ou n'appellent plus « extrême droite ») qui se pâme pour le président à la tronçonneuse.

Qu'une presse qui se pense héritière du libéralisme classique (séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, reconnaissance de l'individu comme sujet de droit et des citoyens comme égaux devant la loi…) adule un gouvernement qui non seulement nie les crimes de la dictature, mais se revendique de celle-ci tout en piétinant les droits fondamentaux (1), est symptomatique.

Cette convergence résume le moment historique que nous traversons. Un moment où la droite abandonne les faux-semblants « démocratiques » et « républicains » par adhésion fanatique à un capitalisme sans frein qui piétine l'égalité des droits et la dignité des individus. Et qui, ce faisant, œuvre à la fusion de la droite néolibérale à la papa avec la droite illibérale – l'une et l'autre partageant la même inclination à « flexibiliser ». Comprendre : supprimer les règles qui protègent les salariés du bon vouloir des patrons, en répétant le mythe d'individus également « libres », traitant de gré à gré. Car pour les « libéraux », travailleurs et patrons négocient sur un pied d'égalité…

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