« Notre alliance militaire [avec la Corée du Sud] est plus forte que jamais et, sur cette base, je leur ai donné l’approbation pour construire un sous-marin à propulsion nucléaire, plutôt que les sous-marins diesel démodés et bien moins agiles dont ils disposent actuellement », a déclaré Donald Trump le 29 octobre dernier sur Truth Social. Des sous-marins nucléaires sud-coréens, construits avec l’aide américaine ? L’annonce a surpris, les détails inquiètent. Chantiers navals géants, jumeaux numériques, robotisation totale : la Corée du Sud maîtrise l’art de construire vite et massivement. Au point de séduire une US Navy en difficulté… et de rebattre certaines cartes du nucléaire naval. Derrière les sous-marins, c’est un nouvel ordre industriel et stratégique qui se dessine.
Très bien équipée, l’armée sud-coréenne ne dispose toutefois que de sous-marins « classiques » dotés de moteurs diesel-électriques. Ces derniers permettent la navigation en plongée, mais leur autonomie est limitée par les capacités des batteries : une centaine d’heures pour un modèle standard contre trois à quatre semaines pour les unités les plus perfectionnées. Le rechargement des batteries grâce aux moteurs diesel implique de remonter en surface (consommation d’oxygène) ou de naviguer au schnorchel (1), ce qui expose le sous-marin à la détection.
Les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), eux, peuvent demeurer cachés au fond des abysses des semaines, voire des mois. Ils sont plus rapides et couvrent de plus grandes distances sans ravitaillement. De fait, leur furtivité et leur létalité sont considérables. Il en va de même pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), qui emportent des ogives nucléaires, l’arme de dissuasion par excellence. À ce jour, seuls la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde en possèdent.
À cette liste s’ajoutent les pays ayant officiellement déclaré leur intention de s’en procurer, dont le Brésil et la Turquie. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont chacune lancé un programme d’acquisition ; le Japon, lui, y réfléchit de plus en plus. En revanche, le Canada a renoncé à cette option pour le moment : douze sous-marins classiques ont été retenus pour renouveler la flotte à partir de 2028. L’Allemagne et la Corée du Sud sont en compétition sur ce contrat ; les Français de Naval Group ont été éliminés de la course en août 2025. Aux dernières nouvelles, les Coréens de Hanwha Ocean ont pris l’avantage en janvier dernier en signant un mémorandum d’entente sur un investissement de 345 M$, destiné à financer une aciérie adaptée aux besoins de la marine canadienne. Cet investissement est lié à l’obtention future du marché des douze sous-marins.
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