Dix-huit mois après l’annonce de la fondation de l’AUKUS (Australie, Royaume-Uni, États-Unis, l’alliance tripartite projetant de doter l’Australie de sous-marins nucléaires commence sérieusement à entrer dans le vif du sujet. À l’orée de 2030, l’Australie prendra possession d’une série préliminaire de sous-marins nucléaires américains, devenant ainsi la première puissance non atomique à disposer d’un tel matériel. Non sans arguments, la Chine s’insurge, dénonçant à l’ONU une grossière entorse au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 1968. Mais la réalité n’est pas si simple.

publié le 03/05/2023 Par Jack Thompson
Sous-marins nucléaires : l'alliance AUKUS accroît les tensions avec la Chine

Créant la surprise le 18 septembre 2021, l’AUKUS tardait à se concrétiser. Pour un peu cette alliance tenait de l’Arlésienne, on en parlait beaucoup, mais ses contours demeuraient nébuleux. Ainsi, l’Australie serait en passe de devenir le septième pays à s’équiper de sous-marins nucléaires, mais quelles en seraient les modalités ? Une base navale serait aménagée en Australie ; dans un premier temps, elle accueillerait des sous-marins anglais et américains. Oui, mais encore ? « Interopérabilité », le terme consacré revenait sans cesse dans les états-majors des trois nations impliquées.

Oui, mais ensuite ? Trois fois rien, juste de vastes programmes de technologies de pointe où il était question de guerre numérique, de missiles hypersoniques, etc... Rien de définitif si ce n’est que l’Australie abriterait bientôt la base majeure de l’AUKUS, donc de l’US Navy. Aussi vagues qu’elles puissent être, ces annonces ont déclenché les alarmes en Chine. De suite, Pékin s’est sentie éminemment visée, non sans raison.

Un objectif clair

À peine fondée, l’AUKUS déchaînait déjà les passions. Les médias aux ordres du Parti communiste chinois (PCC) ont tiré à boulets rouges sur cette satanée « clique » occidentale qui tentait de créer une « OTAN asiatique ». Les augures de Pékin soulignaient une « mentalité digne de la Guerre froide », une « volonté d’encerclement » qui in fine ne produirait que des « jeux à somme nulle ». L’impact négatif de l’AUKUS sur la « paix et la stabilité de la région » fut mis en exergue. L’alliance scélérate induirait une nucléarisation de la région, etc. Heureusement, cette « anglosphère » incarnée par Washington, Londres et Camberra, héritière du carcan idéologique impérialiste du siècle passé, est vouée à l’échec selon Pékin. L’Empire occidental serait nu, du moins si l’on en croit les colonnes de Global Times, la façade internationale de China Daily, l’organe de presse du PCC.

Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité

S’abonner
Accès illimité au site à partir de 1€
Des analyses graphiques pour prendre du recul sur les grands sujets de l’actualité
Des chroniques et des interviews de personnalités publiques trop peu entendues
Des synthèses d’ouvrages dans notre bibliothèque d’autodéfense intellectuelle
Et bien plus encore....

Déjà abonné ? Connectez-vous