Adapté du premier roman de Tom Clancy et réalisé par John MacTiernan, À la poursuite d’Octobre Rouge (Hunt for Red October) sort en 1989 et devient un succès au box-office mondial. Il est inspiré d’événements réels survenus en 1975 dans la flotte soviétique à Riga. Cependant, le roman comme le film n’ont retenu que l’écume des événements et en ont profondément modifié le sens au gré de leur propre vision du monde. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont la culture populaire américaine, et notamment Hollywood, s’approprie les « histoires » des autres nations pour les réorienter en fonction d’une mythologie et d’une idéologie qui lui sont propres et qu’elle utilise pour forger un sentiment d’appartenance…
Après avoir assassiné l’officier politique présent à bord du sous-marin soviétique de dernière génération dont il a le commandement, Marko Ramius (Sean Connery) obtient le soutien de son second et décide de « passer à l’Ouest ». Aussitôt, deux problèmes se posent à lui : comment échapper à la marine soviétique, qui ne tarde pas à deviner sa manœuvre, et comment faire comprendre aux Américains qu’il s’agit d’une défection et non d’une attaque. Pour résoudre ce second problème, il va obtenir l’aide inopinée d’un analyste perspicace de la CIA, Jack Ryan…
Un thriller sous-marin efficace
Dans le registre du film de sous-marin, le scénario est bien construit, selon un double mouvement efficace : les manœuvres de vieux loup de mer de Ramius pour échapper à ses poursuivants et l’enjeu de savoir si lui et Jack Ryan vont parvenir à se comprendre sans se parler – les scènes au cours desquelles Ryan analyse et interprète les manœuvres de Ramius sont très réussies. Il y a deux arguments dans l’intrigue d’À la poursuite d’Octobre Rouge : l’un est psychologique, l’autre idéologique.
L’argument psychologique est le plus crédible des deux : Ramius a un contentieux personnel avec l’amirauté soviétique et, depuis la mort accidentelle de son épouse (due à une erreur médicale), il n’a plus rien à perdre. C’est, dans la dramaturgie du film comme du roman, un point essentiel, car cela le conduit à prendre le risque de voler l’Octobre Rouge. Ce sous-marin est doté d’un système qui lui permet de réduire au maximum sa trace sonar et de se rendre presque invisible. L’ironie de l’histoire consiste à faire utiliser par Ramius cet atout technologique contre ses propres collègues lancés à sa poursuite.
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