Le détroit d’Ormuz reste fermé, mais les marchés pétroliers semblent presque s’en accommoder. Derrière un prix du brut moins spectaculaire qu’attendu se cache pourtant une réalité bien plus préoccupante : stocks qui s’épuisent, capacités de raffinage sous tension et produits pétroliers à des niveaux de prix historiques. Le paradoxe n’est qu’apparent. Car le véritable choc énergétique pourrait être en train de se diffuser dans l’économie sans encore apparaître pleinement dans les indicateurs financiers. Et si le marché regardait tout simplement au mauvais endroit ?
La crise du détroit d’Ormuz n’en finit plus de semer la confusion sur les marchés comme chez les acteurs économiques. Alors qu’on l’a cru rouvert à plusieurs reprises, force est de constater que les flux commerciaux se sont à nouveau taris. Pourtant, la situation économique ne semble pas aussi désespérée que ne l’annonçaient les experts du secteur. Alors qu’une pénurie menaçait pour l’été, le prix du baril de pétrole demeure relativement bas, à rebours des anticipations des acteurs économiques les plus sérieux.
Dans ce brouillard, quels faits sont susceptibles de produire les effets les plus structurants à terme ? Quelles dynamiques permettent d’entrevoir si la crise du détroit d’Ormuz ne sera qu’une crise géopolitique passagère ou, au contraire, la perturbation qui précipitera l’économie dans une nouvelle phase de crise ?
Détroit d’Ormuz : le trafic pétrolier reste quasiment à l’arrêt
Le premier constat que peut dresser l’observateur attentif est que le détroit d’Ormuz, par lequel transitait 20 % du pétrole consommé dans le monde avant la crise, reste aujourd’hui totalement fermé au trafic maritime commercial. En effet, sur les 1,5 million de m³ de pétrole qui traversaient le détroit, on observe sur le graphique ci-dessous un effondrement des volumes, jusqu’à un niveau quasi nul, au moment du déclenchement du conflit, le 28 février 2026.
Depuis, aucune reprise du trafic n’est observable, hormis une brève et très partielle accalmie entre le 17 juin et le 8 juillet 2026, au moment de la signature d’un protocole d’accord entre l’administration Trump et le gouvernement iranien.
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