« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ». Cette déclaration, formulée en 2004 par Patrick Le Lay, alors président-directeur général du groupe TF1, désigne le temps de cerveau disponible comme un produit vendu à ses annonceurs. Tout l’enjeu de la télévision se réduit alors à offrir des programmes qui préparent la disponibilité et l’attention des téléspectateurs aux messages publicitaires. Aujourd’hui, Internet est passé par là et les techniques de captation de l'attention sont plus sophistiquées et bien plus efficaces. Il est désormais possible de créer des programmes d’Intelligence artificielle qui deviennent vos « amis » et qui récupèrent des données de plus en plus intimes…

publié le 09/03/2026 Par Alexandra Buste, Xavier Lalbin

Les usagers sont incités à passer de plus en plus de temps sur leur smartphone avec des conséquences délétères sur la santé mentale, les capacités cognitives et la productivité. Une étude du Trésor a estimé la perte de PIB liée à l’économie de l'attention à 0,6 point aujourd’hui, perte qui pourrait à long terme grimper à 2 voire 3 points de PIB. Pour le Trésor, ce sont aujourd’hui la dégradation de la santé mentale et la perte de capacité productive qui ont des conséquences économiques. Demain, ces effets seront largement supplantés par la dégradation attendue des capacités cognitives des individus. Un bien bel avenir qui se prépare…

Votre attention s’il vous plaît !

Bien que l’expression « économie de l’attention » ait commencé à être utilisée en 1996, son origine remonte à 1971, selon Yves Citton, professeur de littérature et médias à l'université Paris 8 Vincennes-Saint Denis. Un article de l’économiste et sociologue américain Herbert Simon oppose alors les sociétés du passé dites « pauvres en informations » à nos sociétés contemporaines « riches en informations ».

Les chercheurs s’accordent pour dire que « l'attention se caractérise par une capacité limitée à traiter l'information et cette répartition peut être contrôlée intentionnellement ». Notre potentiel d’attention est ainsi limité par plusieurs facteurs, comme nos capacités cognitives, le nombre d'heures éveillées ou encore le fait que notre attention ne peut être captée simultanément par deux acteurs (essayez d’écouter un podcast ou la radio tout en lisant un livre). Compte tenu de la quantité d’information disponible aujourd'hui, elle est largement inférieure au temps nécessaire pour prendre connaissance des informations pertinentes. L’attention devient ainsi une ressource de plus en plus rare.

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