L’Asie suffoque sous une chaleur extrême : un climat bientôt invivable ?

En avril, un baromètre figé au beau fixe et des températures oscillant entre 28 °C la nuit et 36 °C le jour, sont tout à fait naturels dans le sous-continent indien et en Asie du Sud-Est. Régie par l’alternance entre saison humide et saison sèche, l’Asie des moussons traverse alors son pic de chaleur annuel. Traditionnellement, avril est le mois du repos, des mariages et des fêtes religieuses. Cependant, cette année, les thermomètres ont dépassé les 45 °C, un record historique. Mais déjà, les scientifiques estiment que l’an prochain sera pire, bien pire. 

publié le 21/06/2023 Par Jack Thompson
L’Asie suffoque sous une chaleur extrême : un climat bientôt invivable ?

40,6 °C à Dhaka (Bangladesh) : qui dit mieux ? Nous avons 44,6 °C à Pragyaraj (Inde), 44,7 °C dans la province de Sainyabuli (Laos). Encore mieux ? Oui ! 45,6 °C à l’aéroport de Tak (Thaïlande) le 15 avril 2023 ! Ce show imaginaire résume une canicule extrême banalisée par des brèves répétitives énumérant des records appelés à être battus dans les semaines ou mois à venir. Toutefois, une nouvelle réalité se dégage : l’Asie des moussons vient d’expérimenter le privilège douteux d’une « super vague de chaleur ».

Cette année, la canicule a été plus intense. Surtout elle a perduré plus longtemps qu’à l’accoutumée. Dans cette Asie chaude et humide qui s’étire de l’Inde aux Philippines, les mois d’avril et mai sont naturellement les plus étouffants de l’année. Une période pendant laquelle on enfourche avec plaisir une moto pour découvrir que, finalement, le brassage de l’air ne rafraîchit plus vraiment. Au contraire, il vous racornit. Vous en conservez l’impression cuisante d’avoir ouvert par mégarde la porte d’un four et d'être resté bêtement planter devant.

Super vague de chaleur : une intensité et une durée inusuelle

En soi, ce record thaïlandais constitue une vraie fausse surprise. Après des pluies très abondantes à l’automne – en catastrophe, les autorités avaient du ouvrir les vannes des barrages et réservoirs afin d’éviter le pire –, la saison sèche pouvait être affrontée avec sérénité. Associée au phénomène climatique La Niña, ces fortes pluies étaient prévisibles. En revanche, ce qui l’était moins fut la super vague de chaleur qui en prit le relais.

Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité

S’abonner
Accès illimité au site à partir de 1€
Des analyses graphiques pour prendre du recul sur les grands sujets de l’actualité
Des chroniques et des interviews de personnalités publiques trop peu entendues
Des synthèses d’ouvrages dans notre bibliothèque d’autodéfense intellectuelle
Et bien plus encore....

Déjà abonné ? Connectez-vous