Les concepts de politique, de pouvoir ou d’autorité sont aujourd’hui considérés comme l’apanage de l’État. Cependant, dans Le Retrait de l’État (1997), Susan Strange démontre que cette analyse stratocentrée des relations internationales n’est plus en phase avec la réalité du système international, hérité de la mondialisation et de la fin de la Guerre froide.

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Selon une approche multidisciplinaire de l’économie politique internationale, Strange met en avant l’apparition de nouveaux acteurs politiques mondiaux, dont la puissance est comparable à certains États – problématique qui n’a cessé d’occuper les débats publics depuis.

Ce qu’il faut retenir

Les forces impersonnelles des marchés mondiaux sont désormais plus puissantes que les États censés incarner l’autorité politique ultime sur la société et l’économie. Le pouvoir s’est déplacé, latéralement des États vers les marchés, et donc vers des autorités non étatiques dont le pouvoir dépend de leur part de marché.

Les conséquences du retrait de l’État et de la dispersion de l’autorité étatique concernent la légitimité et la démocratie. La Guerre froide terminée, la démocratie remplace les États policiers à parti unique. Pourtant, aucune des autorités non étatiques qui ont hérité du glissement de l’autorité n’est gouvernée démocratiquement. Les entreprises sont des hiérarchies, les cartels et les oligopoles qui pratiquent le protectionnisme privé et administrent les marchés pour leur propre commodité ont encore moins d’obligations. Tout comme les compagnies d’assurance ou les grands cabinets comptables et, a fortiori, les mafias. Ce qui manque dans le système de gouvernance globale, c’est une opposition.

Biographie de l’auteur

Susan Strange (1923-1998), autrice et journaliste britannique, est considérée comme l’une des fondatrices de l’économie politique internationale. Après un début de carrière à The Economist, puis The Observer, elle rejoint le milieu universitaire, en tant qu’enseignante et chercheuse dans différents centres de recherche. Elle est co-fondatrice de la British International Studies Association et sera la première britannique à présider l’International Studies Association. Elle développe une conception de l’économie politique internationale fondée sur les interactions de l’économie et de la sphère politique, en opposition aux approches « uni »-disciplinaires de la science politique qu’elle critique.

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