À l’aube de l’attaque surprise israélo-américaine en Iran, la concentration des forces aéronavales américaines dépassait celle de la « guerre des 12 jours » en juin dernier. Avec deux porte-avions et leurs escortes, environ un tiers de l’US Navy était à pied d’œuvre. Une action majeure se profilait à l’horizon sans toutefois augurer celle de « Tempête du désert » en 1991, puis de « Liberté pour l’Irak » en 2003, tant le déploiement en hommes et en matériels demeurait comparativement faible. Et pourtant, l’opération « Fureur épique », commencée le 28 février, déborde largement des enjeux nucléaires et régionaux. Au-delà du Moyen-Orient, une cible « existentielle » pour les intérêts américains émerge : la Chine.
« Exclusif : l’Iran est sur le point de conclure un accord pour l’achat de missiles antinavires supersoniques à la Chine. » L’article de Reuters en date du 26 février dernier est une bombe en soi. En dépit des sanctions, la Chine fournirait à l’Iran des missiles CM-302, surnommés « tueurs de porte-avions ». « Le CM-302 est le meilleur missile antinavire disponible sur le marché mondial de l’armement », affirmait le China Daily en 2016, précisant qu’il « est capable de mettre hors de combat un destroyer lance-missiles de 5 000 tonnes ».
D’emblée, cet équipement high-tech aurait suscité l’enthousiasme des clients ; il figurait encore au catalogue chinois l'année dernière lors d’un salon de la Défense en Égypte. Mais force est de constater qu’aucune vente n’a jamais été finalisée, du moins officiellement. Évidemment, Téhéran ne peut qu’être intéressé par une telle acquisition ; le tweet de l’ayatollah Ali Khamenei en date du 16 février dernier, allait dans ce sens : « Les Américains ne cessent d’affirmer qu’ils ont envoyé un navire de guerre vers l’Iran. Certes, un navire de guerre est un instrument militaire dangereux. Mais plus dangereux encore que le navire est l’arme capable de l’envoyer au fond de la mer. » Un message sans ambiguïté.
Il demeure toutefois impossible de déterminer si l’exclusivité de Reuters, reprise par le Times of Israël, est fondée ou s’il ne s’agit que du brouillard de guerre habituel précédant le déclenchement des hostilités. John Moolenaar, président de la Commission spéciale sur le Parti communiste chinois (PCC) – un « faucon » – reprend les affirmations de Reuters comme un fait acquis : « La Chine sert d’arsenal aux adversaires de l’Amérique, et l’on rapporte maintenant qu’elle vend des missiles à un régime qui scande “Mort à l’Amérique”. C’est une raison supplémentaire pour laquelle nous devons révoquer le statut commercial privilégié de la Chine. » Washington demeure évasif, sans infirmer ni confirmer ces informations.
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