En 2000, le gouvernement travailliste israélien d’Ehoud Barak qualifie l’alliance entre les conservateurs autrichiens et le FPÖ – un parti fondé par d’anciens nazis – de « pacte avec le Diable » et rappelle son ambassadeur à Vienne. Un quart de siècle plus tard, Israël, passé aux mains des suprématistes, s’allie avec les partis d'extrême-droite européens, qui prétendent n’être plus antisémites. Sous cette alliance que certains pourraient considérer contre nature, se trouvent en réalité des ennemis communs : l’islam, la gauche, le libéralisme politique de l’Union européenne et les droits humains.
La nouvelle a eu de quoi stupéfier : en mars 2025, Jérusalem accueillait une Conférence internationale contre l’antisémitisme, à laquelle participait, aux côtés de Jordan Bardella et de Marion Maréchal, la fine fleur des extrêmes droites d’Europe et des Amériques. À leurs côtés étaient en effet présents : Hermann Tertsch, eurodéputé de Vox et l’une des éminences grises du parti espagnol (1), l’eurodéputée hongroise Kinga Gál en représentation du Fidesz de Viktor Orbán, ou encore Matt Schlapp, président de l’American Conservative Union (ACU/CPAC), entre autres figures.
Apprenant la présence de Jordan Bardella, président d’un parti dont la longue histoire d’antisémitisme est loin d’être close, même Bernard-Henri Lévy, l'un des soutiens d'Israël les plus inconditionnels et obtus, avait décidé de boycotter. Un choix qui rejoint celui de plusieurs autres invités spécialistes de l'antisémitisme. Et diverses autres voix avaient dénoncé l'ineptie. Ce n’était pourtant qu’une étape de plus d’un rapprochement qui s’est fait progressivement durant une quinzaine d’années.
Une alliance contre nature… ?
Après un premier mandat entre 1996 et 1999, Benjamin Netanyahou, président du parti nationaliste et conservateur Likoud, redevient Premier ministre d’Israël en 2009 et forme un gouvernement incluant des personnalités de l’extrême droite nationaliste et religieuse, mais aussi des travaillistes.
Dès l’année suivante, en décembre, a lieu un premier rapprochement, lorsque Geert Wilders, président du Parti néerlandais de la liberté – et qui, selon la revue Politique entretient une « relation privilégiée » avec le nationaliste Avidgor Lieberman, ministre de la Défense – contribue à la venue de 35 parlementaires européens d’extrême droite en Israël. Parmi eux se trouvent notamment Filip Dewinter, député du Vlaams Belang au Parlement flamand, qui avait défendu le collaborateur Cyriel Verschaeve et critiqué la « domination juive » dans les médias ; ou encore Heinz-Christian Strache, président du FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche), dont les liens avec le néonazisme sont connus (2), et qui est devenu plus tard vice-chancelier (2017-2019).
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
4 commentaires
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner