Le 2 avril 2025, un Donald Trump jubilant dévoile son tableau des « droits de douane réciproques ». Ses alliés, eux, s’étranglent : par le biais de taxes sorties tout droit du chapeau présidentiel, ils se voient relégués au rang de vaches à lait de « l’âge d’or » trumpien. La Corée du Sud écope de 25 %, ramenés à 15 % après d’âpres marchandages, et s’engage à investir 350 milliards de dollars aux États-Unis. Cette docilité n’a visiblement pas suffi. D’un simple message sur Truth Social, Trump vient de sabrer Ulchi Freedom Shield, le principal exercice annuel des forces américano-coréennes, sans consulter ni même prévenir Séoul. L’objectif affiché : renouer avec Kim Jong-un. Le résultat : un allié humilié, une dissuasion fragilisée et un Pyongyang qui claque la porte. Retour sur un épisode révélateur de la diplomatie transactionnelle de Donald Trump.
Le 15 août, à l’occasion du Gwangbokjeol, « le jour où la lumière est revenue », qui commémore la fin de la colonisation japonaise en 1945, Lee Jae-myung, le président sud-coréen, a une fois de plus tendu la main à la Corée du Nord. « Renonçons à toute intention de nous menacer mutuellement et engageons un dialogue entre les parties directement concernées afin de mettre un terme à cette longue guerre. » Depuis son élection en juin 2025, Lee promeut une coexistence pacifique avec Pyongyang. Une ouverture vers nulle part : « aucune raison de s’asseoir avec la Corée du Sud ou de discuter de quoi que ce soit », objecte régulièrement Kim Yo-jong, la très influente sœur de Kim Jong-un.
Au lieu d'une énième rebuffade du régime des Kim, Lee Jae-myung a reçu un camouflet cinglant de Donald Trump. C’est par un post publié sur Truth Social le 16 août que Lee a découvert qu’Ulchi Freedom Shield (UFS) venait d’être sabré. Et ce, alors que Séoul s’est engagée à investir plus de 350 milliards de dollars aux États-Unis (1).
Un président en roue libre : trois justifications qui ne tiennent pas
Prévu du 17 au 27 août, l’UFS 2026, qui mobilise 18 000 Sud-Coréens ainsi qu’un contingent non chiffré d’Américains, a été amputé de six jours moins de 24 heures avant son déploiement. Le président Trump avance trois justifications. La première est que ces manœuvres sont « coûteuses ». La seconde est qu’elles « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » à la Corée du Nord, un pays qui, « depuis que Donald Trump est président, s’est montré non menaçant et respectueux ». La troisième et ultime justification, teintée de rancune celle-là, est le refus du président Lee de s’engager aux côtés des États-Unis pour « dénucléariser » l’Iran, un « non merci » que Trump a apparemment mal digéré.
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