Le conflit en Ukraine n’est peut-être figé qu’en apparence. Alors que les négociations reprennent poussivement, Kiev, faute d’intercepteurs disponibles en suffisance, est plus vulnérable que jamais face aux missiles russes, alors que les dernières forteresses du Donbass sont désormais à portée de canon. Peut-être plus grave encore, les crises se succèdent au sommet de l’État ukrainien : entre affaires de corruption parmi ses proches et ambitions politiques de ses rivaux, Volodymyr Zelensky se voit publiquement défié. En Russie aussi, le moral est en berne devant un conflit sans fin dont la population russe commence à souffrir à son tour. Existe-t-il seulement une porte de sortie ?
Alors que les émissaires américains pour le conflit en Ukraine, Steve Witkoff et Jared Kushner, rentraient lundi 7 septembre de leur double visite à Moscou et à Kiev, les satisfécits optimistes qui se font entendre à Kiev et à Washington sonnent creux. Certes, le fait que des négociations sérieuses semblent enfin reprendre ne peut jamais nuire, et faute de mieux, ces trois jours de visites ont été trois jours de trêve durant lesquels les Russes comme les Ukrainiens ont pu respirer un peu, même si les bombardements sur Kiev ont aussitôt repris une fois les émissaires repartis. Mais en dépit de l’apparente stagnation du conflit, l’Ukraine traverse, depuis quelques semaines, une mauvaise passe. Des signaux peu rassurants commencent à s’accumuler.
De fait, sans même parler de problématiques encore obscures comme les suites judiciaires du sabotage du gazoduc Nord Stream 2 et l’attentat du 29 juin dernier à Monaco, dans lequel le rôle exact joué par l’Ukraine demeure trouble, les scandales de corruption et les limogeages de ministres et autres responsables de haut rang se poursuivent avec une déprimante régularité, ayant même tendance à devenir de plus de plus courants. D’aucuns diraient que c’est là une raison de se réjouir, une preuve que la lutte contre la corruption gagne en efficacité ; toutefois, la fréquence de ces incidents en dit long sur le chemin qui reste à parcourir. Jusqu’à présent, le président Zelensky est toujours épargné, mais les fusibles sautent les uns après les autres, jusque dans son entourage proche, et la marge du déni plausible dont il bénéficie, lui permettant de nier toute implication personnelle, se réduit sans cesse.
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
0 commentaire
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner