Après plus de trois semaines de frappes aériennes et de bombardements, le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient s’enlise peu à peu, sans perspective de résolution. Les effets de la guerre, économiques comme stratégiques, dépassent le cadre des seuls belligérants et concernent à présent le monde entier.

Par Paul Fernandez-Mateo

En Israël comme aux États-Unis, les esprits les plus belliqueux attendaient avec impatience, depuis des décennies, l’occasion de lancer enfin une guerre d’anéantissement contre la République islamique d’Iran. Pour Israël, l’Iran est un ennemi existentiel, le dernier État de premier plan du Moyen-Orient qui persiste à nier l’existence de l’État hébreu et à œuvrer activement pour sa destruction, notamment au travers de bras armés comme le Hezbollah ou les Houthis. Quant aux États-Unis, outre le fait que l’Iran, comme le Venezuela jusqu’à il y a quelques mois, constitue un important producteur de pétrole qui leur demeure hostile, d’autres facteurs entrent en compte, depuis l’instauration de la République islamique d’Iran, pour « justifier » sa destruction. Le renversement du shah d’Iran, le pantin favori des États-Unis, ainsi que la prise en otage du personnel de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, font ainsi office de « provocations » que les faucons néoconservateurs de Washington rêvent depuis longtemps de laver dans le sang.

Sauf que la « guerre d’anéantissement » ne se passe vraiment pas comme prévu. Certes, depuis le début du conflit, les responsables de la République islamique se retrouvent fauchés comme des blés à la moisson, décimés par les frappes aériennes. Mais l’Iran avait depuis longtemps prévu un tel scénario, et c’est presque avec désinvolture que la République islamique accueille l’hécatombe de ses cadres et hauts dignitaires. La doctrine de la défense « mosaïque » décentralisée permet aux forces armées iraniennes de continuer d'opérer de façon autonome, même en l’absence d’ordres, ce qui rend la stratégie israélienne habituelle de décapitation de l’adversaire inefficace. Quant à un soulèvement du peuple iranien, plus personne ne semble désormais y songer sérieusement : les Israéliens continuent à l’appeler de leurs vœux, mais reconnaissent discrètement qu’une telle action serait suicidaire.

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