La chaleur ne tue pas au hasard. La canicule de juin 2026 a causé au moins 5 764 décès en excès en France – près du double des morts sur les routes en une année entière – et, fait inédit, la surmortalité touche toutes les classes d'âge dès 15 ans. Logements-bouilloires, climatisation, travail en extérieur : les plus précaires sont les plus exposés à la chaleur, et les moins armés pour s'en protéger. Une injustice que l'État reconnaît désormais, tout en planifiant un pays à +4 °C qu'il refuse de financer.
« Le mur devant nous est considérable. Un peu plus d'un logement sur trois s'apparente à une bouilloire thermique. La canicule n'est pas une question météorologique ou climatique, c'est désormais une question de justice sociale », déclarait Vincent Jeanbrun, le méconnu ministre de la Ville et du Logement du énième gouvernement Macron, lors d'un point presse le 17 juin 2026. Pour le coup, le diagnostic est juste ; il a été posé à la veille de la vague de chaleur la plus meurtrière qu'ait connue la France depuis 2003. Qui aurait pu prédire…
Le « plan endurance » présenté ce jour-là tient en quelques leviers à destination des propriétaires : TVA ramenée à 5,5 % sur les pompes à chaleur réversibles air-air, vote à la majorité simple des travaux en copropriété, prêt collectif pour financer stores et volets, confort d'été intégré à MaPrimeRénov'. Pour les locataires du parc privé dégradé, rien ne change avant plusieurs années.
Seule consolation, la chaleur est officiellement reconnue comme un facteur d'inégalité. Car tout ce qui protège de la chaleur s'achète : un logement isolé, des volets, une climatisation, un arbre devant la fenêtre, quinze jours ailleurs au mois de juillet. Ceux qui apparaîtront dans les statistiques de Santé publique France cet été, et les suivants, font partie de ceux qui n'ont rien de tout cela.
La chaleur tue plus que les accidents de la route
La France a connu trois vagues de chaleur en l'espace de deux mois, dont celle de juin, classée comme l’épisode le plus sévère jamais enregistré en Europe de l'Ouest par le collectif scientifique World Weather Attribution. L'étude relève des températures dépassant de 5 à 12 °C les normales saisonnières sur l'ensemble de la zone. Hélas, ces vagues de chaleur ne sont pas sans conséquences sur les êtres humains. La canicule qui a sévi du 17 juin au 2 juillet 2026 a causé au moins 5 764 décès en excès en France, bien plus que les 3 200 personnes décédées sur la route sur toute l’année 2025.
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