La voiture s’est imposée comme le cœur de notre société de consommation. Son succès massif a cependant entraîné de lourdes conséquences climatiques et environnementales, de sorte que Bruxelles a fini par imposer une réduction drastique des émissions carbone des voitures neuves aux constructeurs automobiles. Hélas, plusieurs manipulations du lobby automobile ont fait perdre un temps précieux, et il a fallu attendre 2020 pour que les émissions commencent réellement à diminuer grâce à une forte hausse des ventes de véhicules électriques portées par le marché chinois. Aujourd'hui, pour la première fois, ces ventes stagnent dans plusieurs grands pays européens, une situation inquiétante pour ce nouveau marché dont les enjeux concernent le pouvoir d'achat des ménages, la désindustrialisation française, l'hypermobilité ou encore notre souveraineté énergétique. On vous explique tout !

publié le 20/03/2025 Par Olivier Berruyer

1- Des ambitions climatiques européennes titanesques
2- Les transports, seul secteur où les émissions ont augmenté
3- La fin de la voiture thermique en 2035 : place à l'électrique
4- Baisse fantôme des émissions et folie du SUV
5- L'avenir est à la voiture électrique « légère »
6- Une voiture électrique sur deux roule en Chine
Ce qu'il faut retenir


Cette analyse graphique originale d'Olivier Berruyer pour Élucid est une mise à jour de notre suivi régulier et actualisé des grands indicateurs économiques.

Jusqu’aux années 1950, les déplacements humains se faisaient essentiellement à pied et parfois à cheval, ce qui les limitait à des trajets très locaux. Depuis, les choses ont bien changé, mais comme le rappelle le chercheur Aurélien Bigo, trois grandes caractéristiques de nos déplacements sont restées relativement stables :

« Le nombre de déplacements par personne est toujours de l’ordre de 3 à 4 trajets par jour (un aller-retour comptant pour 2 trajets). Les temps de déplacement sont eux aussi restés relativement stables. Ils avoisinent en moyenne une heure par jour et par personne, comme c’est d’ailleurs le cas dans différents types de sociétés et de pays du monde. Les motifs de déplacement principaux n’ont pas beaucoup évolué non plus : travail, études, achats, démarches administratives, visites à la famille ou aux amis, loisirs. »

En revanche, deux autres caractéristiques majeures ont drastiquement évolué grâce à la voiture et, bien entendu, grâce au pétrole. La première est la vitesse, qui a été multipliée par 10. Ce gain a été utilisé par des populations avides de mobilité pour se déplacer toujours plus loin, ce qui a également multiplié la distance moyenne parcourue chaque jour par 10, passant de 5 à 50 kilomètres (ce chiffre est une moyenne qui comprend les trajets du quotidien, mais aussi ceux de longue distance, pour des loisirs par exemple).

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