L'été 2026 place l'agriculture française dans une situation encore jamais observée : 43 % des petits cours d'eau à sec, 72 départements en crise sécheresse, un printemps le plus chaud jamais mesuré depuis 1900. Et il survient après une année noire, entre inondations hivernales, dermatose nodulaire contagieuse, accord UE-Mercosur et flambée du prix des engrais. Depuis le mois de mai, les vagues de chaleur se succèdent, toujours plus précoces, toujours plus intenses : les sols se dessèchent, les rendements s'effondrent, les animaux meurent par milliers de tonnes et les stocks de fourrage de l'hiver sont déjà entamés. Surtout, une certitude vacille : l'irrigation, longtemps présentée comme la parade, ne protège plus les cultures une fois certains seuils de température franchis. C'est tout un modèle agricole qui se retrouve au pied du mur.
Dès le mois de mai, un épisode de chaleur d’une précocité et d’une intensité inédites a touché l’ensemble du pays pendant huit jours consécutifs. Ce n’était qu’un avant-goût des canicules qui ont suivi et se sont répétées avec peu de temps d’intervalle dès le début de la saison estivale… Comme l’assure Météo France, la vague de chaleur du mois de juin, qualifiée de « canicule historique », a été d’une intensité jamais observée en France hexagonale et en Corse.
Le secteur agricole est sévèrement frappé par les stress thermiques et hydriques. Les conséquences néfastes sont nombreuses : sécheresse des sols, assèchement de la végétation, pertes agricoles, surmortalité animale, pénurie de fourrage, risques d’incendie, etc. Mais l'été 2026 pose une question plus profonde que celle d'une mauvaise année : le modèle agricole français – ses cultures, ses élevages, sa dépendance à l'eau – est-il encore adapté au climat dans lequel il opère désormais ?
Alors que les besoins en eau sont logiquement plus élevés au cours de l’été – tant pour l’irrigation des cultures que pour l’alimentation du bétail –, la sécheresse précoce et sévère que connaît le territoire a de lourdes conséquences sur les écosystèmes et sur l’agriculture en général. « 94 % des niveaux des nappes phréatiques sont en baisse. Avec 63 % des points d’observation dont les niveaux sont en dessous des normales mensuelles, la situation des nappes se dégrade. La vidange s’accentue », indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son rapport sur l’état des nappes phréatiques au 1er août.
Lisez la suite et soutenez un média indépendant sans publicité
S’abonnerAccès illimité au site à partir de 1€
Déjà abonné ? Connectez-vous
2 commentaires
Devenez abonné !
Vous souhaitez pouvoir commenter nos articles et échanger avec notre communauté de lecteurs ? Abonnez-vous pour accéder à cette fonctionnalité.
S'abonner